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Le débat sur la rente immobilière a resurgi avec l'instauration de l'IFI, l'impôt sur la Fortune immobilière.

La "rente immobilière", un débat qui tourne en rond

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Sur un marché immobilier très diversifié, le rendement locatif aurait baissé.

Le débat sur la rente immobilière a resurgi avec l'instauration de l'IFI, l'impôt sur la Fortune immobilière.
Le débat sur la rente immobilière a resurgi avec l'instauration de l'IFI, l'impôt sur la Fortune immobilière. Crédits : Vincent Isore - Maxppp

En pleine discussion budgétaire, le débat sur l’immobilier est prêt à repartir avec la publication d’un rapport présenté hier par le sénateur Albéric de Montgolfier sous l’intitulé « la rente immobilière, mythe et réalités ». Une pièce de plus pour alimenter un débat qui donne l’impression de tourner en rond. ce débat est parti d’une formule employée par Emmanuel Macron opposant investissement immobilier  assimilé à une rente à l’investissement productif dans l’économie. Mais l’immobilier participant fortement à l’activité économique, cela a provoqué immédiatement une montée d’adrénaline chez les professionnels du secteur. Ils ont fait remarquer qu’il employait plus de deux millions de personnes, et participait à hauteur de 10 % du produit national, sans compter le boom économique qu’il a provoqué dans le secteur de la décoration, des petits travaux et du  bricolage. Concrètement on estime qu’un logement construit, c’est deux emplois directs et indirects de plus. 

L'immobilier est bien un investissement qui contribue à la croissance, et fortement !

Des arguments entendus par le gouvernement mais qui oppose l’augmentation des dépenses de l’Etat en faveur de  la politique du logement, lesquelles sont passées de 20 à 42 milliards d’euros. Cela pèse sur les finances publiques. Avec en plus la nécessité de réorienter l’effort de construction dans les zones tendues, et cela à un rythme moyen de 250 000 ménages supplémentaires à loger tous les ans pour cause de démographie.

D’où la formule qui a été lancée de créer un "choc de l'offre" de logements, des programmes de construction qui correspondent mieux et dans les temps aux besoins des nouveaux ménages...Et de le faire tout en dépoussiérant un arsenal complexe de dispositifs de soutien au logement, dont on ignore s’ils sont vraiment  efficaces pour stimuler le secteur de l’immobilier ! Certains le sont, d’autres laissent à désirer. Tout cela avec  un argument à la clé : l’augmentation des prix dans l’immobilier qui, dans les grandes métropoles ont parfois doublé en moins de 20 ans. De quoi assurer à leurs propriétaires des rentrées d’argent confortables: des revenus qui tombent régulièrement comme une rente. Pas si simple et pas partout, ont répliqué leurs défenseurs. L’immobilier, c’est un travail d’entretien permanent. Un investissement qui, pour être préservé, coûte à ses détenteurs, sans même qu’on le remarque. Un investissement qui ne serait pas aussi intéressant qu’on l’imagine, à telle enseigne que la plupart des  grands investisseurs, eux, ont quitté le marché. Beaucoup ont vendu leur immeuble, parfois à la découpe.  

Certes, les locations rapportent tout de même aux propriétaires.

Pour autant, d’après l’auteur du rapport parlementaire, au cours de la période récente, la rentabilité du logement locatif a baissé, et fortement. Elle serait  nettement inférieure à sa moyenne historique.  Et si des villes  comme Rennes ou Rouen affichent des taux intéressants, ce n’est pas le cas de Limoges, Clermont-Ferrand ou le Havre. C’est qu’on enregistre de fortes disparités suivant les villes et les régions. Cela signifie que les loyers n’auraient pas du tout suivi le rythme d’augmentation des prix d’achat de logement, qu’ils n’ont guère dépassé, eux, l’inflation, et que les rendements nets oscillent plutôt autour de 1 et 2 %.   Autrement dit il paraît un peu sommaire d'affirmer que les propriétaires se sont transformés en rentiers quand bien même une fraction d'entre eux fait du logement une activité spéculative.  On voit que la situation de l'immobilier est un peu plus complexe qu’elle ne semble à première vue parce que l'immobilier, ça  se décline au pluriel.

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