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Régions et branches professionnelles croisent le fer sur la formation professionnelle

2 min
À retrouver dans l'émission

L'apprentissage au centre des rivalités.

C’est un autre volet du programme de réformes du gouvernement qui est en train de s’ouvrir : celui de la formation professionnelle et l'apprentissage. A peine amorcé, on voit se dessiner une rivalité entre régions et entreprises. C’est à qui prendra en main le pilotage du futur dispositif.

Ce n’est pour rien que les élus de région ont claqué la porte de la concertation  le mois dernier. Des élus de qui voudraient consolider leur présence dans l’architecture du système de formation. Singulièrement sur le segment de la formation initiale. Pour eux, une évidence : ils sont sur un périmètre local, ils ont une visibilité sur les besoins de plusieurs territoires. Et avec les nouvelles régions, leur périmètre est plus vaste encore.  Ils revendiquent donc plus de pouvoirs. Et ça passe, dans leur esprit par une autonomie renforcée. A ceci près que  ces élus ont pris conscience qu’avec la montée en puissance des branches professionnelles, ils allaient avoir du mal à s’imposer. Comment faire pour éviter que la communauté des chefs d’entreprises, à travers les branches professionnelles,  prenne la main. Que ses représentants redessinent la carte des formations prioritaires en fonction des besoins des entreprises. Et que du coup, les grosses branches professionnelles fassent la loi. Avec au bout  un risque de  marginalisation des régions, le risque de ne plus exercer pleinement une compétence qui est primordiale dans la nouvelle architecture du marché du travail.  

Une coopération entre régions et entreprises ne serait-t-elle pas possible ? 

Pas facile ! On entre rapidement dans des querelles de bornage. Les entreprises se retrouvent actuellement le plus souvent dans un rôle plus consultatif que décisionnel sur les formations. Elles se retrouvent tiraillées entre les régions avec les lycées professionnels, les CFA et l'Education nationale. dans ce schéma, les régions ont la charge d'une grande partie de l'apprentissage et l'Education nationale a la main sur les diplômes. Pas de quoi générer spontanément des projets communs : qui va pouvoir revendiquer la vision la plus pertinente des compétences indispensables. Qui va décider d'ouvrir ou fermer un CFA ?  Vu des entreprises, les régions ne sont pas les mieux placées pour déterminer les véritables  besoins professionnels, mais vu des régions et de l'Education nationale, les entreprises non plus car elles seraient  prisonnières d’une vision utilitaire et à court terme. Analyse jugée obsolète par les employeurs. Ensuite, c’est la question des financements qui resurgit :  quelles clés de financement ? Comme les entreprises paient la taxe d’apprentissage, elles sont fondées à revendiquer plus de prérogatives.  C'est l'objet des négociations à venir...

A condition de trouver des points  d’accord !

Alors qu’on est au cœur d’une réforme jugée centrale pour ses effets attendus sur le marché du travail. Beaucoup va dépendre des modifications qui seront apportées dans la tuyauterie des circuits de la formation professionnelle. Il ne suffit pas de vouloir de la transparence. La simplifier n’a de sens que si des résultats sont perceptibles ensuite sur le marché de l’emploi. Le problème, c'est  que  toute réforme de la formation prend du temps ! qu'il faudra des années avant d’en voir les effets.

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