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Soliidaires pour des hausses de salaires, les salariés d'IG Metall se mobilisent dans toute l'Allemagne.

Pourquoi la contestation salariale gonfle-t-elle en Allemagne ?

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Le syndicat IG-Metall menace d'une grève nationale reconductible.

Soliidaires pour des hausses de salaires, les salariés d'IG Metall se mobilisent dans toute l'Allemagne.
Soliidaires pour des hausses de salaires, les salariés d'IG Metall se mobilisent dans toute l'Allemagne. Crédits : Federico Gambarini - AFP

Le conflit social est en train de se durcir en Allemagne où le syndicat IG Metall réclame une augmentation de salaire de 6 % et la possibilité d’une semaine de 28h à la demande.  Après une série de débrayages, il menace d’une grève nationale de 24 heures reconductibles…Un signe de radicalisation de la première organisation syndicale allemande ou d'exaspération ? C'est déjà ce l’expression d’un sérieux désaccord avec le patronat qui sortirait du cadre traditionnel de ces grèves d’avertissement qui sont très formalisées. De ces débrayages qui se sont succédé depuis le début de l’année chez Volkswagen, Daimler, Porsche, chez Siemens aussi. Grèves auxquelles ont participé près de 100 000 employés…Si l’on en est rendu à ce stade, c’est que le patronat reste campé sur des positions fort éloignées des syndicats. Quand IG-Metall réclame 6%, il s’arrête à 2 % avec des primes en supplément. L'autre noeud du conflit social, il se joue sur  la demande d’une semaine ramenée à 28h. Pour les chefs d’entreprise, ce serait  prendre un risque : mettre en concurrence les travailleurs à temps partiel qui sont déjà nombreux avec des salariés à plein temps . De quoi susciter une spirale de revendications sur les catégories professionnelles voisines. 

Ce n’est pourtant pas la première fois que les patrons allemands se retrouvent sous  pression syndicale...

Et tout se termine alors par un compromis. C’est ce qui s’est passé lors des précédentes grèves de 2013. La différence, c’est que l’écart  était plus faible entre les positions des syndicats et du patronat et que l’on sortait d’une décennie de stagnation salariale entre 2001 et 2008. Pendant que les salaires ne progressaient que de 2 % sur cette période , ils montaient jusqu’à 18 % dans l’Union européenne… Ce n’était plus tenable outre-Rhin, et à partir de 2008, des augmentations ont été accordées, mais sectorielles et très modestes…La croissance s’accélérant de nouveau en Allemagne dès 2010, les syndicats ont fini par obtenir gain de cause, surtout IG-Metall d'ailleurs. Des syndicats soutenus alors par le gouvernement CDU qui ne pouvait plus faire la sourde oreille à  leur demande, au moment où Angela Merkel finissait par accepter d'introduire  le salaire minimum.

Qu’est-ce qui empêche aujourd’hui qu’ils obtiennent satisfaction ?

Difficile de réclamer 6 % d’augmentation quand l’inflation est fort basse . Pour autant il y a tout juste dix ans on entendait que les positions étaient irréconciliables; elles ont fini par se rapprocher sous la pression de grèves dites d’avertissement. Mais le patronat allemand a plus de mal à lâcher des hausses de salaires en invoquant un autre argument : le manque de main d’œuvre qualifiée pour compenser une diminution de la semaine de travail. 

C’est le paradoxe de l’économie allemande 

-Elle se porte bien, elle a très peu de chômeurs, elle pourrait accorder des augmentations de salaires qui stimulerait la consommation. Mais non, préférence est donnée à la machine à exporter.

-Elle se porte bien,  elle pourrait investir, mais non, ses dirigeants politiques freinent pour donner la priorité à  l’équilibre budgétaire. Comment sortir de cette équation un peu fermée ?  En écoutant peut-être les Européens qui appellent Berlin à lâcher sur les salaires dans l’espoir qu’on leur achètera plus de produits…Ce qui est bon pour le salarié allemand le serait aussi pour les Européens. Salariés  et consommateurs, tout le monde y gagnerait.  C'est le pari européen.

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