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Les dégâts de l'ouragan Harvey s'élèvent à 85 milliards de dollars.

2017, année noire pour les assureurs

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Les assurances enregistrent des dégâts records pour cause de catastrophes naturelles.

Les dégâts de l'ouragan Harvey s'élèvent à 85 milliards de dollars.
Les dégâts de l'ouragan Harvey s'élèvent à 85 milliards de dollars. Crédits : Thomas B. Shea - AFP

On a maintenant une idée assez précise du coût que représentent les catastrophes naturelles qui ont traversé l’année 2017. Il serait d’environ  330 milliards de dollars, l’une des pires années depuis cinquante ans. Les assureurs parlent déjà d’une année noire… La facture englobe l’ensemble des dégâts, des particuliers et des entreprises, presque aussi importante que l’année 2004 où l’ouragan Katrina à la Nouvelle Orléans avait fait monter les coûts d’indemnisation à des sommets….  C’est que les catastrophes se sont concentrées sur le second semestre, avec l’ouragan Harvey sur le Texas puis Irma sur la Floride  et les Antilles, et Maria pour finir. Episodes climatiques auxquels se sont ajoutés ceux  des incendies en Californie en fin d’année. Quand on additionne ces événements, on voit qu’ils absorbent et de loin la  plus grosse part des indemnisations. Loin devant les séismes : les frais pour les assureurs des tremblements de terre au Mexique ne s’élèvent guère qu’à 2 milliards contre 85 pour l'ouragan Harvey.   A l’évidence, ce sont les catastrophes naturelles, climatiques,  qui font exploser la note.

Des hausses de cotisation en perspectives. 

Ces hausses pourraient atteindre jusqu’à 2O % dans les Etats côtiers du sud-est des Etats-Unis où des tarifs ont déjà été révisés, et devraient s’étaler dans le temps. Vu le montant des pertes, une centaine de milliards, cela suppose que les assureurs et les réassureurs soient en état de puiser dans leurs réserves. Comme elles se chiffrent  en milliards, ce n’est pas un problème, mais le risque, c’est que des établissements diminuent leur exposition aux régions les plus sensibles ou même les quittent…

Avec le risque de voir des régions qui auront plus de mal que d’autres à se relever…

C’est ce qui est attendu pour la reconstruction des îles St-Barthélémy et St-Martin où les habitations ont été fortement endommagées alors que moins de la moitié des biens est assurée. On n’est pas du tout dans les proportions de la France métropolitaine où le taux de pénétration de l’assurance dépasse les 98 %.  Entre les deux, l’effort de solidarité nationale peut compenser en partie, mais il faudra des années pour que ces îles récupèrent…du temps pour y parvenir alors qu’en Europe, c’est l’agriculture qui a le plus souffert de  des températures anormalement basses du printemps puis de la sécheresse : au total plus de 3 milliards de dégâts mais à peine 20 % qui seront indemnisés. 

Quelles conséquences pour l’industrie de l’assurance qui dispose toujours de gros moyens ? 

Avec plus de 2OOO milliards d’euros rien que pour la France,  le secteur de l’assurance dispose de fonds considérables. Mais devant la montée importante des coûts d’indemnisation qui, après avoir doublé en une décennie,  pourraient encore doubler d’ici 2040, la profession est en train de se réorganiser.  En interne entre assureurs et réassureurs, auprès des investisseurs en recourant à des obligations spécifiques, les "cat bonds", des obligations dites catastrophes par lesquelles les professionnels de l'assurance se protègent eux-mêmes...Et au-delà en préparant une campagne de sensibilisation auprès des ONG afin d'inclure la dimension prévention. Autrement dit, on va progressivement intégrer le dérèglement climatique comme un risque systémique de plus en plus cher, mais jugé incontournable.

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