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Augmentation exponentielle des tournages à l'étranger en 2015

Le paradoxe du cinéma Made In France

3 min
À retrouver dans l'émission

En 2015, la production cinématographique française est repartie à la hausse, mais de plus en plus les films sont tournés à l'étranger. Le taux de délocalisation a atteint 36% selon la FICAM. La concurrence européenne pour attirer les producteurs est sans limite. Comment se présente 2016?

Augmentation exponentielle des tournages à l'étranger en 2015
Augmentation exponentielle des tournages à l'étranger en 2015 Crédits : Marie Viennot

C'est une question brûlante. Plus brûlante que jamais, même. Mais on ne parle pas de "film français" pour parler de film made in france, fabriqué en France, car il y a de plus en plus de co-production dans le cinéma. On parle de film d'initiative française : façon de dire que l'idée du film en quelque sorte, a jailli sur le territoire français. Or en 2015, le taux de délocalisation des films d'initiative française est de 36%.

Ce sont des chiffres donnés par la FICAM, la Fédération des industries du Cinéma, de l’Audiovisuel et du Multimédia qui est une organisation patronale regroupant l’ensemble des métiers de l’image et du son et qui s'appuie sur les chiffres d'activité que lui remontent ses entreprises adhérentes.

36% de délocalisation cela veut dire que sur 100 films dont l'initiative part de France, 36 sont tournés à l'étranger. Autre précision sémantique, quand on parle de tournage on parle de l'ensemble de la chaine de production: la location des studios, plateaux, mais aussi des moyens de production (caméra, décors, costume), la post-production, le montage, et les effets spéciaux (aujourd'hui omniprésents dans chaque film pas seulement sur la 3d). Or sur ce dernier poste, le taux de délocalisation est de 60%! contre 30% pour les studios/plateau et la post production. On peut réelement parler d'une hémorragie.

2015, une bonne année selon le CNC

Voilà le paradoxe. Car le Centre National du Cinéma, le centre national du cinéma dit vrai. 2015 marque une année de reprise de la production cinématographique française.

234 films d'initiative française sont sortis en 2015, 31 de plus qu'en 2014 (les chiffres sont différents de ceux de la FICAM, car la FICAM part de l'activité réelle de ses adhérents). Le nombre de jours tournés en France a augmenté de 10% l'an dernier. Merveilleux! Mais dans le même temps, le nombre de jours tournés à l'étranger a augmenté de 50%. En résumé la France propose plus de films aux spectateurs mais ces films sont de plus en plus tournés ailleurs.

La course à l'échalote des européens

Nos principaux concurrents sont la Belgique et la Hongrie, Londres pour les films étrangers, mais il y a en ce moment une course à l'échalote entre les pays européens pour offrir les meilleures conditions fiscales aux producteurs généralement à coup de crédit d’impôt.

En France, il existent depuis 2004, mais il est moins souple qu'à l'étranger, pas forcément cumulable avec d'autres pays, et les salaires des comédiens éligibles à ce crédit d’impôt sont limitées. Le salaire de Laurent Laffite ou Catherine Deneuve ne seront déductibles que pour une petite part par exemple.

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Autre handicap, le coût du travail. On a beau baigner dans le champagne en smoking et robe de soirée, une fois par an, dans les livres de comptes, le cinéma reste une activité économique presque, comme les autres.

Pour limiter les délocalisations, qui vont grandissantes, les parlementaires modifient chaque année les taux et plafond de ces crédit d’impôt. Avant c'était limité à 4 millions d'euros (c'est le devis moyen des films français) mais cela excluait les grosses productions. Vous vous souvenez peut être du coup de gueule de Luc Besson, qui lui tourne des film à plus de 100 millions d'euros... en 2016, c'est passé dans le vote de la loi de finance, il n'y a plus de plafond.

Il y a aussi un crédit d’impôt international pour les films qui ne sont pas d'initiative française, car on cherche à attirer les étrangers chez nous, et la aussi les conditions sont plus favorables en 2016.

Déjà les professionnels parlent de relocalisation de films qui devaient se faire ailleurs, mais se feront en France, avec des emplois à la clef. Mais nos concurrents européens peuvent l'an prochain offrir des conditions encore plus avantageuses, rien n'est gagné donc, on attendra Cannes 2017 pour trinquer à la santé retrouvée du cinéma français.

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