LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Theresa May, leader des Conservateur et Jeremy Corbynk; pour les Travaillistes

L'économie, thème quasi absent de la campagne électorale britannique

3 min
À retrouver dans l'émission

Les conservateurs et les travaillistes ont des programmes diamétralement opposés sur le plan économique, mais ce thème n'aura pas été central pendant la campagne. Theresa May a mis l'accent sur le Brexit,Jeremy Corbyn sur les questions sociales, et les attentats ont aussi fixé l'agenda.

Theresa May, leader des Conservateur et Jeremy Corbynk; pour les Travaillistes
Theresa May, leader des Conservateur et Jeremy Corbynk; pour les Travaillistes Crédits : Ben STANSALL, Niklas HALLE'N - AFP

Lors des élections de 2015, le mot déficit apparaissait 17 fois dans le manifeste des Conservateurs et le mantra de la campagne était "le plan à long terme pour l'économie".

En 2017, le mot déficit n'apparait plus que 3 fois dans le programme des Tories, et la phrase fétiche de Theresa May est devenue: "strong and stable leadership", une gouvernance forte et stable.

C'est le Financial Times qui fait cette remarque, dans un article intitulé Fiscal deficit: the big silence at heart of election campaigning.

Le quotidien financier britannique le regrette et s'étonne aussi que les Conservateurs n'aient pas poussé leur avantage sur l'économie et le retour à l'équilibre des comptes publics, sachant qu'ils jouissent d'une plus grande crédibilité que leurs adversaires sur ces thématiques.

De plus, c'est un vrai sujet de clivage car le programme du Labour n'a jamais été aussi à gauche.

  • il promet de faire passer le smic de 8 euros 50 à 11 euros 50.
  • il veut supprimer les contrats 0 heures, qui comme le nom l'indique peuvent occassioner 0 heures de travail, mais obligent leurs titulaires à être 100% de leur temps disponible.
  • construction de logements sociaux,
  • quasi gratuité de l'université,
  • recrutement dans les services public,
  • le tout financé par des impôts sur les plus fortunés, et la hausse de l’impôt sur les sociétés de 19 à 26%.

Il y avait là matière à de belles empoignades, mais non, pas tant que ça. Il faut dire que la campagne a été courte, 7 semaines... contre 72 en France. Je vous assure, j'exagère à peine.

L'économie, ça va, les gens beaucoup moins...

Pour le moment l'économie britannique se porte mieux que ce qui avait été prévu dans un scénario BREXIT.

1.8% de croissance en 2016. C'est moins qu'en 2015, mais c'est plus qu'en France où la croissance l'an passé fut de 1.1%. Le chômage est au plus bas, 4.9%, même s'il faut tenir compte des 900 000 britanniques en contrat 0 heures.

Les investissements directs étrangers sont toujours très élevés, deux fois plus importants qu'en France... mais mais mais... les trois quart proviennent d'institutions financières.

Or le Brexit va radicalement changer la donne, puisque la Grande Bretagne devrait perdre ce qu'on appelle le passeport européen, c'est à dire son droit à être la porte d'entrée de tous les investissements extra-européen dans l'UE et en particulier en zone euro.

Autre effet très palpable de la décision de sortir de l'UE, depuis juin dernier

  • la livre a perdu 14% de sa valeur,
  • les produits importés ont augmenté de 6%,
  • l'inflation est passée de 0 à plus de 2.7%,
  • tandis que les salaires n'augmentaient que de 2%.

En bon anglais on appelle cela le "SQUEEEZE EFFECT", l'effet ciseau.

Que la prospérité britannique ne profite pas à tous, ceux qui ont vu MOI DANIEL BLAKE, le film de Ken Loach primé à Cannes, le comprennent. Les chercheurs britanniques eux constatent que le nombre de personnes qui ont recours aux banques alimentaires et les logements indécents n'ont jamais aussi été élevés. Un chiffre, un seul: les deux tiers des enfants pauvres sont dans une famille qui a un travail.

Les attentats dans la campagne

Les attentats ont focalisé l'attention sur le bilan de Theresa May, ce qui n'a pas été à son avantage. Avant d'être première ministre, Théresa May a été 6 ans ministre de l'intérieur, et c'est donc sous sa responsabilité que 20 000 postes de policiers ont été supprimé.

Les attentats ont orienté les débats sur les failles de l’État régalien, et les limites de l'austérité. De plus, Theresa May n'est pas non plus la chouchou des milieux économiques et financiers. Sa ligne Brexit dur inquiète, tous ceux qui espèrent encore que la Grande Bretagne pourrait garder certains des avantages de son appartenance à l'UE. En même temps, les milieux économiques

Mais ils sont tout autant inquiets d'avoir un "HUNG" Parliament, un parlement sans majorité claire. "Toute minute qu'un investisseur perd à s'intéresser à la politique, c'est une minute qu'il perd pour analyser les entreprises, les secteurs et investir", remarque un directeur d'investissement cité par le Financial Times.

De la même façon, celui ou celle qui gagnera les élections ce 8 juin devra consacrer le plus clair de son temps à négocier les modalités du Brexit, puis après cela, il aura encore 759 traités commerciaux à renégocier (comme l'illustre cet excellent tweet du FT ci dessous dont le déroulé donne toute l'étendue du problème). Autant de temps perdu pour s'occuper de l'économie britannique, de ses pauvres, et de tant d'autres sujets.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Marie Viennot

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......