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Pas de pêcheurs à Jacskon Hole fin août, mais des banquiers centraux

Les banquiers centraux en disgrâce

3 min
À retrouver dans l'émission

Chaque fin d'été le centre du monde de la finance se déplace à Jackson Hole, aux Etats Unis où se tient un symposium des banquiers centraux. Considérés comme des sauveurs depuis la crise financière, ils (et elle Janet Yellen) sont de plus en plus critiqués pour leur politique monétaire.

Pas de pêcheurs à Jacskon Hole fin août, mais des banquiers centraux
Pas de pêcheurs à Jacskon Hole fin août, mais des banquiers centraux Crédits : Jonathan Crosby - Reuters

Partons pour une vallée du Wyoming à l'Ouest des Etats Unis. Généralement ces montagnes verdoyantes accueillent les amateurs de pêche mais pour le dernier week end du mois d’août, Jackson Hole devient le centre de la planète finance. Ci dessous, Janet Yellen, la présidente de la Fed, la banque centrale américaine.

Depuis 35 ans, Jackson Hole accueille un symposium des banquiers centraux (vous retrouverez ici le programme) où aucune décision n'est annoncée, mais les analystes, économistes, prévisionnistes scrutent dans les longs discours qui y sont prononcés des indications sur l’évolution de la politique monétaire. C'est très sérieux, réservés à des initiés si on veut tout comprendre comme l'illustre ce tweet.

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Mais sur twitter ce rendez-vous de Jacskon Hole (le trou de Jackson littéralement) donne également lieu à des analyses plus humoristiques, comme ci-dessous.

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La politique monétaire détermine ce qu’on appelle le loyer de l’argent, c’est à dire ce que rapporte le fait d'en avoir et de le placer, ou ce que coûte le fait d'en chercher et de l'emprunter.

Depuis la crise de 2008, les banquiers centraux sont perçus comme les sauveurs de l’économie mondiale, mais de plus en plus de déclarations et d'études, venant de banques, (ici une analyse de la Deutshe Bank) et même du FMI, tendent à les présenter aujourd'hui comme le problème. Leurs remèdes serait devenu pire que le mal...

Que reproche-t-on aux banquiers centraux?

Comme souvent en ce moment, on leur reproche ce pourquoi on les a loué jusqu’à présent.

Pour éviter à l'économie mondiale la même asphyxie que dans les années 30, les banques centrales ont ouvert grand les vannes après la crise financière. Le coût de l'argent est devenu si faible, qu'il est même devenu négatif à certains endroits. Dans la zone euro notamment, les banques doivent payer 0.4% à la BCE quand elles lui confient leur argent, alors qu'auparavant elles touchaient un intérêt.

Ici un précédent billet (de la saison dernière) sur "Le monde merveilleux des taux négatifs".

Le taux négatifs, c'est un peu le monde à l'envers, et plus on s'y installe, plus cela pèse sur la rentabilité des banques. L'une d'elle a déjà répercuté ces taux négatifs sur ses clients en taxant aussi leurs dépôts, mais c’est risqué, car si vous perdez de l’argent en le laissant tranquillement dormir à la banque, peut être allez vous préférer dormir dessus en le mettant sous votre matelas. Or les banques n'ont pas intérêt à ce que tout un chacun retire son argent de leur comptes.

Les voilà coincés. D'autant plus que depuis la crise financière, les réglementations se sont durcies et les obligent à immobiliser plus de capitaux propres, sorte de coussin de sécurité qu'elles placent, mais à taux négatifs, du coup leur capital fond.

Pas bon, pas bon du tout affirment les banques qui ont pour nous convaincre cet argument choc: ce qui est mauvais pour elles, l'est aussi pour l'économie en général.

Mauvais pour les banques = mauvais pour l'économie?

On en n'est pas encore là, si on en croit Benoit Coeuré, le numéro deux de la Banque Centrale Européenne. Dans un long discours, tout en anglais, mêlant à la fois théories académiques, données réelles, et réflexions à long terme, le français reconnait que les taux négatifs n'arrangent pas les banques, mais graphiques à l'appui, il montre que pour le moment elle les sert, car leur profits ont augmenté ces deux dernières années. Il les encourage donc à revoir leur business model, réduire leurs coûts, et leur oppose cet argument irréfragable : la situation ne serait-elle pas pire pour les banques si les banques centrales n'agissaient pas comme elles le font?

The exact magnitude of the effect of negative interest rates on aggregate bank profitability is uncertain, since it has to be put in the context of what would happen in the absence of monetary policy action.

Autrement dit : qu'en serait-il s'il en était autrement?

Je vous laisse méditer sur cette vérité qui montre que l'économie n'est pas une science pavée de certitudes, mais un domaine où le doute est permis.

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