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Les chiffres du chômage de Pôle Emploi ne méritent ils pas d'être commentés ?

Les chiffres du chômage : What the "slack" ?

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Pôle emploi publie le nombre d'inscrits sur ses listes à fin mai, les 1ers chiffres du quinquennat d'Emmanuel Macron, qui table sur une réduction du chômage à 7% d'ici à 2022. Des chiffres de Pôle Emploi qui ne seront plus commentés par la nouvelle ministre du Travail. Billet d'Annabelle Grelier.

Les chiffres du chômage de Pôle Emploi ne méritent ils pas d'être commentés ?
Les chiffres du chômage de Pôle Emploi ne méritent ils pas d'être commentés ? Crédits : PHILIPPE HUGUEN / AFP - AFP

En avril, le nombre de chômeurs avait reculé de 36.300 personnes (-1,0%), pour s'établir en métropole à 3,47 millions de personnes, selon le ministère du Travail... En comptant l'Outre-mer, la France comptait fin avril 3,73 millions de personnes sans aucune activité inscrites à Pôle emploi.

Cette baisse avait profité à toutes les classes d'âge, les jeunes de moins de 25 ans et y compris les seniors...

Mais cette éclaircie s'est accompagnée d'une hausse du nombre de demandeurs d'emploi ayant exercé une activité au cours du mois. Avec ces catégories B et C, la France comptait 5,53 millions de demandeurs d'emplois en métropole.

Si, sous le quinquennat Hollande, les statistiques de Pôle emploi étaient commentées par ses ministres du Travail, la donne a changé avec le nouveau président.

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, refuse de les commenter, estimant que cet indicateur "ne reflète pas bien l'évolution du marché du travail" car il "peut être affecté, chaque mois, par différents événements de nature administrative".

Pour elle, sa volatilité "brouille plus qu'elle n'éclaire les tendances de fond sur le niveau de chômage".

Que faudrait il comprendre des chiffres de Pôle Emploi pour qu'ils méritent d'être commentés ?

Pour comprendre les chiffres de Pôle Emploi , Il y aurait des "points fixes" à rappeler nous dit on : être inscrit à Pôle Emploi n'est pas en soi synonyme de "chômage", au sens de la définition internationale commune (BIT), celle qui permet les comparaisons. Seule, l'inscription en catégorie A - demandeur d'emploi "sans emploi"- se rapproche fort de la notion de chômage. On aurait dû depuis longtemps se limiter à commenter cette donnée me faisait remarquer un auditeur détracteur expert soutien de la nouvelle ministre... En revanche, la publication mensuelle des chiffres des deux autres catégories, B et C, et le cumul des données relatives aux demandeurs A B C sème la confusion: les demandeurs d'emploi qui "travaillent", ne sont en effet en aucun cas "chômeurs" , du seul fait qu'ils travaillent; d'autant qu'ils cumulent pour un grand nombre travail et indemnisation...Et quand on sait enfin que dans la catégorie "C" , le mois dernier, près de 550 000 personnes avaient travaillé à plein temps -plus de 151 h - on comprend mieux la nouvelle discrétion du ministère du travail: une personne qui a travaillé à plein temps n'est pas (raisonnablement, vous en conviendrez sûrement) au chômage , non ? Et quand ces personnes sont plus d'un demi-million, il y a de quoi s'interroger sur "les chiffres" de Pôle Emploi !

Faut il se contenter des chiffres de la catégorie A ?

Et bien non , nous allons continuer à regarder toutes les catégories de demandeurs d'emploi car derrière ces lettres , ces catégories et ces chiffres , il y a des personnes qui vivent , qui travaillent, un peu, beaucoup ou pas du tout...et qui subissent aussi les temps partiels , les CDD plus ou moins courts...Les "Slack" comme on les appelle dans le jargon de la BCE. Le Slack est couramment mesuré par le taux de chômage au sens du BIT qui correspond aux personnes sans emploi immédiatement disponibles et en situation de recherche d'emploi...Ce "slack" aurait baissé à 9,3% au premier trimestre 2017 en zone euro ce qui pourrait nous faire croire que ça va mieux sur le marché de l'emploi mais dans une note la BCE vient de présenter une estimation alternative du "slack" tenant compte notamment des travailleurs qui ont cessé de chercher un emploi et des travailleurs en situation de temps partiel subi. Cette définition plus large du chômage , incluant les travailleurs découragés et le sous emploi, conduit à un chiffre de 18% pour la zone euro et 19% pour la France soit presque le double du taux de chômage au sens du BIT. Le "slack " français est prés de 4 point et demi au dessus de son niveau de 2008 alors que le différentiel n'est que de 2,5% pour le taux de chômage au sens du BIT...Alors à tous ces " slack" oubliés ou que l'on refuse de commenter je vous souhaite tout de même ce matin , une très bonne journée !

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