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Paolo Gentiloni était auparavant ministre des affaires étrangères. Ici lors de sa 1ère conférence de presse de Premier ministre

Les défis économiques du nouveau chef du gouvernement Italien

3 min
À retrouver dans l'émission

L'Italie a un nouveau Président du Conseil, Paolo Gentiloni, mais les problèmes qu'il doit affronter sur le plan économique sont les mêmes: risque de faillite secteur bancaire, chômage au plus haut, non croissance depuis sept ans.

Paolo Gentiloni était auparavant ministre des affaires étrangères. Ici lors de sa 1ère conférence de presse de Premier ministre
Paolo Gentiloni était auparavant ministre des affaires étrangères. Ici lors de sa 1ère conférence de presse de Premier ministre Crédits : Fabio Frustaci - Maxppp

L'Italie ne va pas fort depuis la crise. Son PIB est toujours inférieur à ce qu'il était il y a 7 ans. Le taux de chômage est plus élevé qu'en France, 11%, c'est loin d'être un modèle, et surtout ses banques croulent sous les créances douteuses qui ne seront sans doute jamais remboursées.

Cercle vicieux parfait. Les banques italiennes ne peuvent pas aller mieux si l'économie italienne ne repart pas, et l'économie italienne ne peut pas repartir si les banques ne vont pas mieux.

Voilà pour la photo d'ensemble.

Mais le dossier le plus chauds, c'est la banque Monte dei Pashi. J'y avais consacré un billet déjà il y a trois semaines: Monte Dei Pashi : prochaine banque sauvée par le contribuable italien?

Cette banque, la plus vielle du monde, est à la recherche de 5 milliards d'euros pour éviter la banqueroute. Ce n'était déjà pas gagné avant le référendum, mais depuis que le NON l'a emporté, c'est pire.

Ceux qui ont de l'argent et pourrait avoir envie d'investir dans une banque aussi mal en point que Monte Dei Pashi (il y avait notamment un fond du Qatar) n'aiment pas l'instabilité politique. En Italie, ce n'est pas vraiment une nouveauté: le bicamérisme parfait est une donnée politique depuis 1948, et en 68 ans, il y a eu... 62 gouvernements.

Mais, cette instabilité n'aide pas à prendre des décisions quand on est investisseurs, et là, possible que l'Italie reparte pour une période plus agitée.

Déjà on lit des analyses de banques, qui imaginent à quelle échéance les prochaines élections seront convoquées: "snap elections in Q2 17 are possible", comprenez, il est possible que des élections éclairs aient lieu d'ici 4 mois" écrit la Barclays.

Y aura-t-il des élections début 2017 ou en 2018? A lire les analyses que produisent les économistes de banques, l'incertitude politique est dorénavant totale.... et totalement lié au sort de la banque Monte dei Pashi.

Quel lien entre Monte Dei Pashi et les élections?

La réponse tient en un mot IMPOPULARITE.

La politique du gouvernement de centre gauche de Matteo Renzi a déjà été désavoué par les électeurs qui ont voté non au référendum, mais la bombe Monte Dei Pashi n'avait pas encore explosé.

Je parle de bombe, car si cette banque ne trouve pas l'argent qu'il lui faut d'ici peu, deux choses peuvent se passer, et dans les deux cas, le gouvernement sera perdant et IMPOPULAIRE à court terme.

Soit le nouveau Président du Conseil décide de venir au secours de la banque. Se faisant il enfreint les nouvelles règles européennes qui interdisent depuis la crise de 2008 que l'argent des contribuables ne servent à cela... et il offre aux partis qui sont sur sa gauche, notamment le mouvement 5 étoiles de BEPE GRILLO, un très bel argumentaire électoral...

Soit Paolo Gentiloni ne sauve pas la banque avec l'argent de l'Etat, il respecte les règles européennes, et dans ce cas, des milliers de petits épargnants italiens qui ont placé leurs économies dans des produits qu'ils n'ont pas toujours compris et que l'on nomme obligation junior vont tout perdre. Il y a un an, 4 banques italiennes ont été "sauvés", et plus de 100 000 italiens ont perdu toutes leurs économies. Le 11 décembre 2015, il y a un an presque jour pour jour, le suicide de l'un d'eux, un retraité nommé Luigini d'Angelo avait d'ailleurs secoué l'Italie.

Si le même processus se répète, la colère va s'abattre sur le gouvernement, même s'il n'est pas directement responsable. Il n'aurait aucun intérêt à convoquer des élections avant d'avoir trouvé un moyen de calmer cette colère, notamment en lançant un plan d'indemnisation qui mettrait du temps à se mettre en place.

Voilà l'équation en gros...

Donc soit le nouveau premier ministre pense que la Monte dei Pashi peut tenir encore quelques temps, et dans ce cas, il a intérêt à convoquer des élections rapides, soit, il pense que non, et dans ce cas, mieux vaut attendre que la rancoeur passe et prévoir des élections en 2018.

Le nouveau Président du conseil italien maîtrise t-il seulement ce calendrier? Sans doute pas, on ne sait pas trop qui le maitrise d'ailleurs... avouez que quand on cherche des investisseurs, ça n'est pas très vendeur.

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