LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Donald Trump au Detroit Economic Club en août 2016

Les Trump Economics : un changement de système?

3 min
À retrouver dans l'émission

Fermeture des frontières, mesures protectionnistes vis à vis de la Chine, baisse massives des impôts, fin de l'Obamacare, retour des usines etc... Donald Trump a beaucoup promis pendant sa campagne, pourra-t-il réaliser ces promesses? Ses électeurs y-ont-ils intérêt?

Donald Trump au Detroit Economic Club en août 2016
Donald Trump au Detroit Economic Club en août 2016 Crédits : Sipa

Etant donné le programme économique de Donald Trump, s'achemine t-on vers un changement de système? C'est l'espoir d'une partie de ses électeurs. Donald Trump à été élu pour faire bouger les lignes, toutes, mais on ne s'achemine vers un changement de système économique.

Retrouvez notre dossier : Donald Trump, les enjeux d'une présidence américaine

Sur le plan domestique, le programme de Donald Trump est typiquement républicain. C'est un programme de baisse d’impôt.

Pour les particuliers, il veut abaisser le nombre de tranche et le taux d'imposition maximum pour les plus aisés de 39.6 à 33%, abaisser les droits de succession et les taxes foncières.

Pour les entreprises, cette baisse serait vraiment massives. Aujourd'hui les Etats Unis se situent dans la moyenne haute des pays de l'OCDE pour la taxation, là, ce taux passerait de 35 à 15%.

Le but est d'inciter les multinationales américaines à rapatrier les bénéfices qu'elles font à l'étranger et dont le montant est énorme et de relancer la croissance. Voir ici un précédent billet : Apple Usa UE : la guerre des taxes.

C'est une relance par l'offre, rien de révolutionnaire, et c'est tout à fait faisable. Rapidement même puisque les Républicains ont maintenant le pouvoir dans les deux chambres.

Baisse d'impôt, augmentation des dépenses

Le problème c'est qu'il n'y a pas de réelles économies en face de ces baisses d’impôts. A part la fin de l'Obama Care, mais qui mettra du temps à être détricoté, ou la suppression pure et simple de l'agence pour la protection de l'environnement (8 milliards de budget), Donald Trump n'a pas promis grand chose côté réduction des dépenses.

Au contraire, même il a promis des dépenses supplémentaires, pour l'armée notamment, et pour les infrastructures où il a parlé d'un plan de 500 à 1000 milliards de dollars.

Tout ça mis bout à bout, on comprend vite que le déficit américain pourrait exploser à moyen terme, et là peut être que les représentants Républicains pourraient tiquer, mais vous connaissez la chanson que Donald Trump a passé régulièrement à la fin de ses meeting, et encore après son premier discours de président, malgré le désaccord des auteurs de cette chanson, les Rolling Stones. On n'a pas toujours ce qu'on veut... Ici la fin d'un meeting pris au téléphone par un de ses partisans

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Expulser 11 millions d'immigrés

Il y a aussi dans le programme de Donald Trump, toujours sur le plan intérieur, la promesse d'expulser les millions de travailleurs clandestin. 11 millions de personnes en tout selon des données officielles.

Est-ce faisable? Grande question... Autre grande question, l'impact de cette mesure si elle est appliquée sur le chômage, puisque c'est l'une des attentes des électeurs du Make America Great again.

Les données officielles estiment que les travailleurs clandestins représentent 5% de la population active, dont la moitié sont des mexicains. Ce qui est intéressant c'est que dans les Etats que Donald Trump a ravi aux Démocrates, ils sont moins, 1.1% dans l'Ohio, 1.7% dans le Michigan, 2% en Pennsylvanie.

En admettant que les boulots qu'occupent ces travailleurs clandestins dans l'agriculture et la construction notamment soient immédiatement occupés par des américains légaux, ce qui est un pari l'impact serait limité.

On verra bien, mais là, on est clairement dans une rupture avec le système capitaliste américain qui a toujours intégré les nouveaux arrivants, même sans papier.

Quelle politique commerciale?

L'autre rupture, c'est la politique commerciale. Il va y avoir une pause dans les négociations en cours, ça c'est sur. Dans ses discours, Donald Trump a plaidé pour une hausse des tarifs douaniers sur les produits importés de Chine et du Mexique à hauteur respectivement de 35% et 45%. Et ça, cela peut être immédiat, il en a le pouvoir, sans même avoir besoin de l'accord du congrès. Cela fait partie des prérogatives d'un Président américain.

Nous verrons. Nous verrons surtout qui il va choisir comme secrétaire au Trésor. Cela dira beaucoup sur sa volonté de faire bouger le système, or pour le moment il a dit sa préférence pour son directeur financier de campagne, Steven Mnuchin, un ancien de Goldman Sachs.

Comme Georges Bush, Georges Bush père et fils, et même Bill Clinton. Ses électeurs se diront peut alors... You can't always get what you want. Ils ont en tout cas maintenant la chanson en tête, et ils ne pourront pas dire que Donald Trump ne les avait pas prévenu.

Chroniques
7H15
6 min
La Question du jour
Peut-on comparer Trump et le FN en France ?
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......