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Mouvement de grève en avril 2015, lors du plan social de 1600 équivalent temps plein dans le groupe.

Mauvais Noël pour les salariés de Vivarte

3 min
À retrouver dans l'émission

Le point sur la situation de Vivarte, groupe textile surendetté depuis un LBO réalisé à la veille de la crise financière. Plan social, trois PDG en 10 mois, stratégie floue. Les 17 000 salariés se sentent abandonnés par les politiques, étrangement muets sur leur sort. Où en est-on aujourd'hui?

Mouvement de grève en avril 2015, lors du plan social de 1600 équivalent temps plein dans le groupe.
Mouvement de grève en avril 2015, lors du plan social de 1600 équivalent temps plein dans le groupe. Crédits : ROMUALD MEIGNEUX - Sipa
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Manifestation des salariés de Vivarte à Chateauroux. Nous sommes en juin 2015, quelques mois après l'annonce d'un plan social de 1600 postes équivalent temps plein pour le groupe. 1600 temps plein, cela fait 2000 à 2500 salariés en moins estime alors la CFDT, car dans les magasins du groupe, le travail partiel est très répandu, tout comme les départs volontaires....

De 22 000 salariés, Vivarte va en fait passer à 17 000 dans un silence quasi total.

Le groupe a pourtant une particularité idéale pour faire jazzer. Depuis 13 ans, il est aux mains des financiers... et de dette en mauvaise stratégie, il est aujourd'hui entre les mains de ce qu'il y a de plus sulfureux en finance: des fonds vautours, ces fonds spécialisés dans le rachat de dette d'entreprise en difficulté.

Mieux encore, depuis novembre, Vivarte a un nouveau PDG, le troisième en 10 mois, un homme spécialiste des cas désespéré, Patrick Puy. On le dit sans état d’âme quand il s'agit de restructurer, et c'est exactement son projet pour VIVARTE.

"Vivarte va très bien", m'a t'il affirmé lors d'un entretien au téléphone. Mais on souffre d'une mauvaise image, et d'un excès de dette. Le groupe a également trop de marques, il faut l'amincir. On vendra Kookai, Chevignon Pataugas comme prévu, peut être d'autres encore, il faut épurer me dit-il. Ce mot ne le gène pas.

Et quand on se prend à lui demander si les salariés auront une chance de garder leur emploi une fois vendu à on ne sait qui, il répond :

"Le monde est précaire madame, personne n'a d'emploi garanti aujourd'hui.

Les salariés de Vivarte sont prévenus... Soumis à des objectifs intenables, certains m'ont envoyé des mails pour témoigner de leurs difficultés.

"Je suis cadre, payée 1450 euros par mois pour 150 h de travail alors que j'en fais 200 pour que le magasin tourne m'écrit la responsable d'une boutique. Une vendeuse de mon équipe est partie. Elle travaillait 26h/semaine. Ma Directrice régionale m'a annoncé qu'elle serait à hauteur de 20h/semaine. J'ai refusé, et depuis les hostilités ont commencé".

Patrick Puy admet que la situation n'est pas joyeuse pour les salariés, mais il l'assure, son but est de sauver un maximum d'emplois. Il précisera son plan à la mi janvier, et d'ici là, il aimerait bien qu'on arrête de présenter ceux qui l'ont mis à la tête de l'entreprise comme des vautours. Ce sont des fonds de dette et pour eux non plus corrige-t-il, la situation n'est pas rose car il va sans doute leur demander de s’assoir sur une partie de leurs créances.

Actionnaire millionnaire, grâce à Vivarte, hier peut être plus aujourd'hui si on en croit Patrick Puy qui ne voit pas comment on pourrait réguler l'intervention de ces fonds de dette dans l'économie française "sauf à vouloir faire fuir définitivement tous les investisseurs étrangers".

Pour le moment, les syndicats en sont réduits à demander l'aide du gouvernement par lettre interposée. Ils voudraient qu'on s'intéresse à leur cas. Il y a eu quelques articles dans la presse depuis le billet du 2 novembre intitulé: Pourquoi Vivarte ne fait pas la une de vos journaux, mais peu. France 2 y a notamment consacré un reportage dans le 20h du 16 novembre.

"Les salariés ont un double traumatisme explique le délégué syndical CFDT. La restructuration elle même, et le fait que personne n'en parle. Que le gouvernement ne sache pas comment faire pression sur les fonds d'investissements anglo-saxons, on peut comprendre, qu'il ne se scandalise pas NON".

Au gouvernement on explique que rester discret est une façon de ne pas aggraver le sort de l'entreprise, mais cette position est en train d'évoluer. La semaine dernière la CFDT a été reçue au ministère du travail, le 5 janvier, les autres syndicats de VIVARTE seront reçus à Bercy.

De tous les candidats aux élections présidentielles que j'avais interpellé sur le cas de Vivarte en novembre, un seul m'a transmis ses solutions contre les fonds vautours, Benoit Hamon. Vous les trouverez à la fin du billet intiitulé: Pourquoi Vivarte ne fait pas la une de vos journaux

La CFDT fait elle état d'appel du pied de militants du front national, auquel elle n'a pas voulu donner suite.

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