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Paul Pogba : l'homme qui valait 120 millions d'euros

Mercato du foot : de records en records

3 min
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Chaque année le montant des transferts réalisés pour l'échange de footballeur augmente de 10%. Alimentés par des droits de retransmission également records, les clubs anglais tirent les prix à la hausse. D'où la tendance à transformer les joueurs en produits financiers. Explications.

Paul Pogba : l'homme qui valait 120 millions d'euros
Paul Pogba : l'homme qui valait 120 millions d'euros Crédits : Jason Cairnduff - Reuters

On appelle le mercato, la période pendant laquelle les clubs s'échangent des joueurs. Car tout ne va pas mal en France. Non, depuis cet été, nous détenons un record, celui du transfert le plus cher de l'histoire du football.

Mieux que le Portugais Ronaldo, mieux que le Brésilien Neymar, mieux que Zidane, il y a, il y a... le Français Paul Pogba. Manchester United a payé 120 millions d'euros pour l'enlever à la Juventus de Turin. Il y a 5 ans à peine, il jouait déjà à Manchester, c'était un inconnu, mais vous pouvez le voir sur cet extrait, on parlait déjà de lui comme d'une rising star, une star montante.

Paul Pogba illustre à la perfection ce qu'on peut appeler "la création de valeur". Il y a 4 ans, le club anglais l'avait laissé partir gratuitement, et là, ils ont mis 120 millions d'euros sur la table pour le récupérer. Avouez que passer de 0 à 120 millions en 4 ans, c'est une performance économique !! Mais ça n'a rien d’irrationnel, m'expliquait le responsable de l'observatoire du football à Neuchâtel. Cet observatoire calcule la valeur marchande des footballeurs en fonction de leur âge et de leur performance. Pogba était quoté 95 millions d'euros. S'il a fait un peu plus, c'est parce qu'il a aussi un très fort "potentiel marketing" relèvent les journaux sportifs. Il n'y a qu'à voir les publicités en ce moment dans le métro de Paris pour s'en rendre compte....

Paul Pogba n'est pas un cas isolé...

La formation des joueurs est une industrie qui marche très bien en France, la France est le troisième pays exportateur de joueur, derrière l'Argentine et le Brésil.

Les transferts sont également une source de revenu cruciale pour les clubs français qui, à part le PSG récemment sont généralement déficitaires. L'an dernier les transferts leur ont rapporté 215 millions d'euros... et ils ont quand même perdu 67 millions d'euros...

Le voilà, le revers de la médaille. Si on vend cher, il faut aussi acheter cher. Or chaque année le mercato bat des records. L'an dernier, le montant total des transferts avait atteint 3 milliards 600 millions d'euros, là on devrait être autour de 4 milliards... 10% de plus.

Ce sont les clubs anglais qui font monter les prix car ils ont obtenu des droits de transmission télé records pour les trois ans qui viennent. Il y a aussi les clubs chinois : leurs dépenses pour acheter des joueurs a augmenté de 65% l'an passé.

Pour garder des joueurs, il faut aligner les millions, et cela pèse sur la rentabilité des clubs.

Prenez une part dans un joueur !!

Solution pratique. Vous êtes un club qui n'a pas les moyens de se payer un joueur. Un fonds vous prête l'argent, et en échange, il obtient des droits sur les transferts futurs du joueur. On appelle cela TPO, Third party ownership. Vous trouverez ici une analyse en anglais de ce phénomène par Raffaele Poli, responsable du CIES - Centre International d’Etude du Sport.

Au Brésil, cela concerne 8 joueurs sur 10. C'est arrivé en Europe via le Portugal et l'Espagne, parce que le système financier n'avait plus les moyens de prêter au club après la crise financière... La FIFA a interdit cette pratique il y a un an, mais elle continue, sous des formes plus discrètes, car devinez où sont logés ces fonds le plus souvent... dans des paradis fiscaux. C'est le côté obscur du football.

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