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Un activiste peint le mur qui est déjà érigé à la frontière au niveau de Ciudad Juarez lors d'une manifestation anti-Trump

Mur et baisse d'impôts: les projets contrariés de Donald Trump

3 min
À retrouver dans l'émission

Le Président américain a passé quasiment 100 jours à la Maison Blanche. Il doit présenter aujourd'hui une réforme fiscale qui rencontre des résistances aussi bien chez les élus Démocrates que Républicains. La construction du mur à la frontière mexicaine est un des casus belli.

Un activiste peint le mur qui est déjà érigé à la frontière au niveau de Ciudad Juarez lors d'une manifestation anti-Trump
Un activiste peint le mur qui est déjà érigé à la frontière au niveau de Ciudad Juarez lors d'une manifestation anti-Trump Crédits : HERIKA MARTINEZ - AFP

C'est souvent l'inconnu avec Donald Trump. La semaine dernière il a signé toute une série de décrets permettant de revoir certaines régulations financières mises en place par l'administration OBAMA après la crise de 2008, et à la troisième signature, il a lancé, visiblement à la surprise de ses collaborateurs qui se tenaient debout derrière lui, "Mercredi prochain, nous ferons une annonce importante sur la réforme fiscale". Mercredi donc aujourd'hui... et depuis, rétropédalage par journaux interposés, "des sources affirment que ça pourrait être plus tard".

Ce qui est acquis, c'est qu'il y aura une réforme fiscale. Pendant la campagne Donald Trump a promis des baisses d’impôts inégalées pour les particuliers, et surtout les entreprises. Il y a un mois encore, il a promis un plan fiscal "phénoménal" (ce sont ses mots). De quoi susciter de grandes attentes...

Cette promesse de voir les impôts baisser, notamment pour les entreprises, est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles les marchés outre-atlantique sont si euphoriques depuis l'élection du milliardaire. Les valeurs des entreprises américaines cotées en bourse ont gagné 10% depuis novembre, mais cette embellie marque le pas...

Après les promesses, doivent venir les actes législatifs, et c'est ce qu'attendent les marchés financiers, qui sont plus rationnels qu'on ne le dit vous voyez, et surtout soucieux d'avoir bien placé leurs espoirs et dollars.

Donald Trump face à.. trois murs

Donald Trump découvre en ce moment qu'il ne peut pas tout décider seul, et qu'il doit composer avec des élus Républicains qui n'ont pas tout à fait les mêmes idées que lui.

Ce qu'il a promis lui, c'est une baisse massive des impôts sur les sociétés. Passer de 35% de taxe à 15%, ce qui ferait passer les États-Unis de la catégorie des pays qui taxent le plus les entreprises, à celle qui les taxent le moins.

Le problème, c'est qu'il y a déjà de très nombreuses possibilités pour les entreprises de réduire leurs impôts. Une telle baisse de taux représente, selon un institut de recherche non partisan, the Tax Policy Center, 2400 milliards de recettes en moins sur 10 ans. Le secrétaire au Trésor (Steve Mnuchin) assure que cela sera neutre, car la baisse d’impôt, relancera la croissance, et qu'au final, donc les rentrées fiscales seront là.

Mais les modèles économiques sur lesquels ils s'appuient ne sont pas jugés crédibles par beaucoup d'élus et d'économistes, et les Républicains craignent que le résultat soit avant tout une augmentation "phénoménale" de la dette américaine, qui atteint déjà les 100% du PIB, soit 19 888 milliards de dollars, et encore bien plus depuis que j'ai commencé ce billet.

Voir ici un site qui tient les comptes et qui permet de voir défiler les chiffres à un rythme incroyable.

Les élus Républicains proposent donc un taux d’impôt sur les sociétés et non à 15%, premier écueil pour Donald Trump.

La taxe aux importations remise en question

La taxe sur les importations promise aussi pendant la campagne s'appelle la Border Adjustment TAX, BAT son petit nom. De 20%, elle pourrait rapporter 1200 milliards sur 10 ans, ce qui permettrait de remplir les caisses fédérales vidées par la baisse de l’impôt sur les sociétés... mais là encore il y a des résistances des élus Républicains qui font valoir (avec d'autres, notamment de nombreuses entreprises) deux arguments.

  1. les entreprises qui importent certaines pièces détachées de l'étranger, les assemblent, puis réexportent, (typiquement les fabricants de voiture), seront pénalisées, donc cela ne sera pas forcément bon pour leurs exportations (et les emplois).
  2. cela va faire gonfler les prix dans les magasins, et ce sont les consommateurs qui paieront l'addition.

La Maison Blanche réplique que la santé économique des États-Unis sera telle que la valeur du dollar grimpera et qu'au final les consommateurs n'y verront que du feu, mais là encore, il y a des doutes sur les modèles utilisés pour le dire... Voir ici un article en anglais (pour public motivé) qui explique ces doutes.

Le mur Mexicain pas financé

Donald Trump espérait pouvoir faire financer le début de sa construction dès cette année. Haut de 9 mètres et long de 3500 kilomètres, ce mur doit couter entre 10 et 40 milliards selon les estimations mais les Démocrates en font un casus belli. Or, ils disposent d'une minorité de blocage sur ces sujets fiscaux.

Après avoir échoué à enterrer MEDICARE, (la réforme d'Obama sur la santé) les premiers 100 jours de Donald Trump entérinent la rencontre de promesses phénoménales avec une réalité plus complexe.

Comment dire que cela résonne en nous, en cet entre deux tours...

Marie Viennot

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