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Panorama des entreprises en France selon Insee en 2011. Graphique utilisé dans un précédent sujet sur l’impôt des entreprises

Présidentielle 2017 : les demandes des PME

3 min
À retrouver dans l'émission

Les petites et moyennes entreprise représentent 98% du tissu économique français. Hier, leur syndicats, la CPME (ex CGPME) a auditionné trois candidats à la présidentielle. Objectifs moins de lourdeurs et moins d’impôts.

Panorama des entreprises en France selon Insee en 2011. Graphique utilisé dans un précédent sujet sur l’impôt des entreprises
Panorama des entreprises en France selon Insee en 2011. Graphique utilisé dans un précédent sujet sur l’impôt des entreprises Crédits : Chadi Romanos - Radio France

Il y 3 millions 100 000 entreprises en France, plus de 3 millions sont des TPE et PME (229 grandes entreprises de plus de 5000 salariés, 4623 Entreprises de Taille Intermédiaire), mais elles n'emploient "que" 7 millions de salariés, car trois entreprises sur 4 n'emploient aucun salarié). Ces chiffres datent de 2011, mais l'Insee n'a pas produit d'études plus récentes depuis.

Voir ici, un précédent (et ancien) reportage sur la fiscalité des entreprises (petites et très grandes): Les mains dans le maquis fiscal.

La confédération des petites et moyennes entreprises, la CPME, ex CGPME, pour ceux qui s'étaient habitués à ce sigle a publié récemment 89 propositions, et hier elle recevait trois des candidats à la présidentielle pour recueillir leurs idées sur le sujet. François Fillon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Ils ont pu s'exprimer devant un parterre de petit patrons puis échanger avec eux.

Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon avait aussi été conviés, mais ils n'ont pas répondu présent, et ont préféré d'autres modes de communication pour faire leurs propositions sur les PME.

A l'applaudimètre, c'est François Fillon qui a gagné. Il le revendique lui même sur son site, [qui a été mis à jour](http:// https://www.fillon2017.fr/discours-cpme/) pour laisser une large place à cet événement, mais tous les candidats ont été applaudis nous affirme le Figaro, même Marine Le Pen.

Que demandent les patrons de PME?

Je ne vais pas vous étonner si je vous dis qu'ils demandent moins d’impôts, moins de charges et moins de contraintes administratives. Dans le détail, ils mettent l'accent sur la défiscalisation des plus-values de cession d'entreprise, mais à une condition que la plus-value soit réinvestie. Ce dispositif existe déjà mais uniquement pour les start-ups et les PME innovantes. Il serait bon de l'étendre à toutes selon la CPME.

La logique c'est d'encourager la prise de risque. La CPME milite aussi pour une baisse de l’impôt sur les sociétés à 25%, alors que dans les projets du gouvernement actuel, il sera de 28% en 2020. Je précise qu'il y a déjà un taux d’impôt de 15% pour les PME ayant un chiffre d'affaire inférieur à 8 millions d'euros.

La CPME demande également des crédits d’impôts et des exonérations de charges fiscales et sociales sur l'investissement, mais aussi sur la production, pour favoriser les entreprises qui produisent en France.

Moins d’impôt d'un côté donc, mais plus de crédit d’impôt de l'autre, pour l'Etat cela revient à deux fois moins de rentrées fiscales, mais la CPME n'a pas chiffré le coût de ses propositions. Selon les Echos cela se compte au bas mot en plusieurs dizaines de milliards d'euros.

Convergence Fillon-Macron

On notera la très grande ressemblance des propositions de François Fillon et Emmanuel Macron vis à vis des PME (et plus largement des entreprises).

Les deux candidats sont favorables à la baisse des cotisations sociales, et envisagent pour cela de transformer le CICE. Ils veulent aussi ramener le taux de base de l’impôt sur les sociétés de 33 à 25%, et proposent une taxe unique sur le capital de 30%. Ensuite la différence n'est que de degré.

Sur l’impôt sur la fortune, François Fillon le supprime, Emmanuel Macron le garde, mais seulement pour les biens immobiliers, pas pour le capital. Tout deux veulent également plafonner les indemnités prud’homales, comme le prévoyait au départ la loi El Khomri. Le compte pénibilité serait supprimé pour François Fillon, suspendu pour Emmanuel Macron.

Un point sur lequel les rejoint Marine Le Pen. Adieu compte pénibilité pour ces trois candidats donc.

Voir ici une précédente chronique: Pénibilité: 11 ans de négociations pour rien?

FN pro-entreprise ou ouvriers?

La candidate du Front National a dû ménager la chèvre et le chou. D'un côté, elle a encensé les petits patrons, qui composent sont électorat historique. Elle leur a donc promis la baisse de leur crédit, une priorité sur la commande publique et le gel de la construction des grandes surfaces sur un mode, haro sur les grands, le CAC 40 et les banques.

Mais de l'autre, elle a bien du défendre le retour de la retraite à 60 ans, ses velléités de sortir de l'euro, et son projet de taxe de 3% des importations, pour lequel les patrons de PME craignent des représailles. Or les PME représente quasiment la moitié des exportations françaises.

Et à la gauche du centre?

Invité également Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon n'ont pas répondu présent. Ils ont des propositions pour les PME, mais elles sont beaucoup moins centrales dans leur programme que les autres candidats.

Jean-Luc Mélenchon, comme il a fait pour le salon de l'agriculture, a préféré rencontrer début janvier la fédération des entreprises et entrepreneurs de France, qui est une organisation syndicale peu connue et concurrente de la CPME. Il promet un financement à taux réduit, via un pole publique bancaire, et un euro plus faible, grâce à la révision ou l'émancipation des traités européens.

Benoit Hamon est favorable à une dégressivité des baisses d’impôt s'il y a réinvestissement ou si l'entreprise a un statut d'entreprise solidaire ou de société à objet social étendu. Pour soutenir entrepreneuriat, il évoque une monnaie alternative inter-entreprise, comme il en existe une en Suisse utilisée par 20% des PME.

Marie Viennot

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