LE DIRECT
Tous les candidat-es ont des solutions pour augmenter la rémunération des salariés...

Présidentielle : comment revaloriser le travail ?

4 min
À retrouver dans l'émission

Revaloriser le travail, c'est mieux le rémunérer pour quasiment tous les candidats. C'est aussi mieux associer les salariés aux décisions de l'entreprise. Comment comptent-ils s'y prendre ?

Tous les candidat-es ont des solutions pour augmenter la rémunération des salariés...
Tous les candidat-es ont des solutions pour augmenter la rémunération des salariés... Crédits : ALEXANDRE MARCHI - Maxppp

Il y a deux aspects dans cette thématique: le travail en tant que gagne pain, et là, tous les candidats font des propositions pour que les salaires augmentent, et il y a aussi le travail en tant qu'il permet de se réaliser, ou pas.

Sur la rémunération du travail, personne ne propose de baisse des salaires, ce serait comme proposer une baisse du pouvoir d'achat, et ça n'est pas très populaire.

Mais comment faire quand on dit par ailleurs que le cout du travail est trop élevé dans notre pays et que c'est un frein à notre compétitivité ?

La solution, pour ceux qui considèrent que le coût du travail est un problème pour l'économie française, c'est de baisser, non pas les charges qu'acquittent les employeurs sur les salaires, mais les cotisations des salariés. C'est ce que proposent Marine Le Pen, François Fillon, Nicolas Dupont Aignan et Emmanuel Macron.

Sortez vos carnets, car je commence la séquence de "chiffre-dropping", comme on pourrait dire, je vais lancer des chiffres.

  • En Marche écrit dans son programme, qu'au final, cela représentera 500 euros net en plus pour un salaire de 2200 euros mensuel.
  • Debout la France chiffre le gain pour les salariés: 10% du salaire net.
  • Pas de chiffres, chez les Républicains, mais le programme précise bien que dans la renégociation sur les 35h, aucun accord ne pourra se traduire par une réduction salariale.

Tous veulent revenir à la défiscalisation des heures supplémentaires, le fameux "travailler plus pour gagner plus". A une nuance près pour Emmanuel Macron. Les heures sup ne seraient pas exemptés d’impôts, mais seulement de cotisations sociales.

Augmentation du smic tout azimut

Du côté des candidats qui ne critiquent pas le cout du travail, les annonces sont encore un peu plus ambitieuses, notamment pour le SMIC.

Le smic est actuellement à 1140 euros par mois. Le coup de pouce le plus fort, c'est Lutte Ouvrière qui le donne. Le smic passerait à 1800 euros net par mois, et tous les salaires seraient augmenté de 300 euros. Le NPA, propose lui 1700 euros net.

On descend ensuite à 1300 euros net, soit 160 euros de plus par mois qu'aujourd'hui, pour Jacques Cheminade, qui promet aussi 20% de salaire en plus pour les enseignants.

Le smic autour de 1300 euros, c'est aussi une promesse de Jean Luc Mélenchon, selon qui il y a une réflexion plus globale à mener sur la hiérarchie des salaires. Même approche chez Jean Lassalle, qui lui ne fait pas de promesse mais veut lancer, dès son arrivée à l'Elysée, une grande négociation intitulée "Le nouveau contrat social".

Benoit Hamon augmente le smic de 75 euros par mois, mais pour lui l'augmentation des salaires passe avant tout par le revenu universel, qui alimenterait la fiche de paye de tous ceux qui gagnent moins de 2200 euros net par mois. 2200 euros, vous remarquerez que c'est le même jalon qu'Emmanuel Macron. Gain annoncé dans son programme : 400 euros mensuel pour un couple d'ouvrier au smic.

Des promesses réalisables ?

Pour le revenu universel, l'Etat devrait sortir 35 milliards d'euros en 2018. Faisable pour Benoit Hamon qui rappelle souvent qu'on a bien dégagé plusieurs dizaine de milliards d'euros pour le CICE et le pacte de responsabilité.

Voir ici un précédent billet sur ce thème: Présidentielle: l'Etat doit-il aider les entreprises?

Pour le Smic, techniquement c'est possible, il suffit que le gouvernement le décide. Après ce sont les entreprises, et l'Etat employeur également qui devront en absorber le cout. Certes, cela coutera, mais la philosophie de ces candidats c'est un peu celle de Ford il y a un siècle: le salaire des ouvriers, c'est aussi potentiellement plus de ventes et de revenus pour les entreprises, et plus de croissance. Approche keynésienne par excellence.

Sur le plan qualitatif, revaloriser le travail, c'est mettre fin à la précarité, qui nuit à la productivité et à l'épanouissement, insiste pour sa part François Asselineau qui sur ce terrain a le même discours que le NPA.

Co-gestion à l'Allemande ?

Revaloriser le travail, cela passe aussi par une plus grande participation des salariés aux décisions de l'entreprise. Là dessus, Benoit Hamon, Emmanuel Macron et Nicolas Dupont Aignan se rejoignent en prônant une co-gestion à l'allemande, mais seul le PS l'imposerait par la loi. Nicolas Dupont-Aignan promet une réduction de l’impôt sur les sociétés à toutes les entreprises qui laisseraient des places, avec voix délibératives aux salariés.

Dernier aspect important, le cout du travail, mais envisagé du point de vue du salarié. Le cout sur la santé notamment. A ce titre, il pourrait y avoir une victime de ces élections présidentielles: la reconnaissance de la pénibilité pour les droits à la retraite. Alors que cette loi a mis 11 ans à être négociée, Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron proposent son abrogation ou sa limitation.Voir ici un précédent billet sur ce thème: Pénibilité: 11 ans de négociation pour rien?

Marie Viennot

Chroniques

7H15
6 min

La Question du jour

Prévisions en hausse de la croissance mondiale : un optimisme justifié ?
L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......