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Tous les candidats considèrent que STX France-les chantiers Navals de Saint Nazaire sont un actids stratégiques dont l'Etat ne peut se désinterresser

Présidentielle : Quid des nationalisations et des biens communs ?

3 min
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Il a peu été question de nationalisation dans cette campagne. Pourtant, les programmes des candidats détaillent pour certains, ce qui doit rester ou revenir dans le giron public : sociétés d'autoroutes, chantiers navals, EDF, voire médias...

Tous les candidats considèrent que STX France-les chantiers Navals de Saint Nazaire sont un actids stratégiques dont l'Etat ne peut se désinterresser
Tous les candidats considèrent que STX France-les chantiers Navals de Saint Nazaire sont un actids stratégiques dont l'Etat ne peut se désinterresser Crédits : CHRISTOPHE LEPETIT - Radio France

On a beaucoup parlé du périmètre de l'Etat pendant cette campagne, de rationalisation de ces dépenses, d'augmentation ou de diminution du nombre de fonctionnaires, mais beaucoup moins de ce qui relevait, dans l'économie, d'une gestion collective et étatique.

"Produit d’une stratification historique, le portefeuille détenu par l’État est aujourd’hui à la fois étendu et très divers", comme l'écrit l'agence des Participations qui gère ce portefeuille.

Actuellement, l'Etat français, et donc nous indirectement, sommes actionnaires majoritaires ou minoritaires de 81 entreprises.

A part François Fillon et Emmanuel Macron dont les programmes n'en font pas mention, tous les candidats portent des propositions pour nationaliser ou re-nationaliser certains secteurs.

C'est le dernier des 144 points de Marine Le Pen: "re-nationaliser les sociétés d'autoroutes, refuser la vente des actifs stratégiques détenus par la puissance publique", et cela concerne aussi EDF. L'Etat en possède encore 83%, et pour l'un des coordinateurs du programme FN, Jean Messiha, revenir à 100% n'est pas exclu.

NOTA BENE: Pour cette série de billets, j'ai contacté l'ensemble des 11 partis en lice pour le premier tour. J'ai pu avoir un entretien téléphonique approfondi d'une demie heure à une heure avec le coordinateur ou la coordinatrice du programme économique de tous les candidats. Cette série de billets est donc une synthèse entre ces interviews et les programmes tels que vous les trouverez sur internet.

Benoit Hamon lui s'engage à "garder en l'état la part du capital public dans les grandes entreprises publiques", et il n’exclue pas des nationalisations temporaires en cas de nécessité, c'est à dire quand l'entreprise est en difficulté, ou qu'elle a une valeur stratégique.

Dans le programme de Jean Luc Mélenchon, la vision de la sphère publique englobe aussi les nouveaux secteurs de l'énergie. Les investissements dans les éoliennes et le photovoltaïque seront publics, et dans le programme, il parle de "nationaliser la branche énergie marine d'Alstom". Mais cela pourra aller plus loin. L'un de ses économistes, Liem Hoang Ngoc m'a renvoyé au résultat de la Constituante sur la 6ème république, qui aura aussi pour but de définir le périmètre des biens communs: la santé, et l'éducation, en feront certainement parti.

Nationaliser une partie du CAC 40...!

Sur ce thème des nationalisations, les petits candidats vont bien plus loin que les grands.

Celui qui a la définition la plus large de ce qui doit être public, c'est François Asselineau qui envisage la renationalisation totale d'EDF, d'Orange (dont l'Etat a encore 23%), des réseaux d'eaux, et même de TF1.

Jacques Cheminade a aussi cette conception étendue de ce que sont des secteurs stratégiques à laisser dans le giron de l'Etat.

Au NPA, les nationalisations toucheraient également le secteur bancaire, avec cette particularité que la gestion de ces entreprises d'Etat serait collective, partagée entre usagers, travailleurs et collectivités locales.

Chez Lutte Ouvrière aussi, on met en avant le contrôle par la société, plutôt que par l'Etat, qui n'inspire pas confiance.

Nicolas Dupont-Aignan considère qu'il faut re-nationaliser les sociétés d'autoroutes, qu'EDF et la SNCF doivent rester publiques, et que si une activité est stratégique pour la France, il est normal que l'Etat se substitue temporairement à des actionnaires français qui pourraient venir ensuite.

Sur ce terrain des nationalisations, Jean Lassalle est quasiment le plus radical, puisqu'il propose de nationaliser partiellement des entreprises du CAC 40 pour que leur contrôle reste national.

Nationaliser... l'assurance chômage

Deux partis se distinguent sur cette thématique, les Républicains et En Marche.

Quand il était ministre de l'économie, Emmanuel Macron a au contraire privatisé, des aéroports notamment, mais on lui a aussi reproché d'avoir trop cherché à préserver les intérêts de l'Etat dans le secteur des télécoms. Quand il parle de nationaliser lui, c'est la gestion de l'assurance chômage, ce qui veut dire la faire passer du contrôle des partenaires sociaux à celui de l'Etat.

Avec François Fillon, il partage l'idée qu'il faut agir au cas par cas, concernant les entreprises et avoir une gestion active du portefeuille de l'Etat.

Le cas de STX France: tous d'accord

Il y a quand même un cas qui met tous les candidats d'accord, sans exception: celui de STX FRANCE. Tous considèrent que les chantiers navals de Saint Nazaire peuvent être considérés comme un secteur stratégique, et que l'Etat devrait, temporairement ou de façon permanente, devenir actionnaire majoritaire pour que cette activité reste dans le giron français.

Voir ici une précédente chronique: Chantier Naval de Saint-Nazaire cherche repreneur.

Lors du débat télévisé à 11, le 4 avril, François Fillon s'est dit d'accord avec Benoît Hamon quand il a proposé de nationaliser temporairement les chantiers de Saint-Nazaire pour éviter une fuite du "savoir-faire" français.

Pourtant c'est un groupe public italien qui a récupéré les parts qui appartenaient auparavant à un coréen. L'accord de principe a été signé le 12 avril. On reste donc dans le giron européen. Mais visiblement, cela défrise même les plus pro-européens des candidats. Oseront-ils revenir sur la parole donnée par l'Etat Français à l'entreprise d'un pays partenaire?

Marie Viennot

NB: Réponse à la question précédente, OUI! Voir ici un article de France Bleu du 27 juillet: L'Etat nationalise les chantiers navals de STX.

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