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Les 6 candidats à la Primaire et la candidate

Primaires PS : quels clivages économiques ?

3 min
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Irréconciliable sur le plan économique la gauche? Manuel Valls l'avait dit en février. L'opposition d'une partie du PS à la loi travail, notamment, semblait valider cette analyse, mais la ligne de fracture ne serait-elle pas ailleurs? Croissance, Europe, Dette... des sujets absents du premier débat.

Les 6 candidats à la Primaire et la candidate
Les 6 candidats à la Primaire et la candidate Crédits : PHILIPPE WOJAZER - AFP

C'est Manuel Valls qui avait prononcé cette phrase sur les gauches irréconciliables, en février dernier. L'opposition d'une partie du PS au CICE, et à la loi travail, semblait valider cette analyse, mais l'ancien premier ministre, une fois devenu le candidat du rassemblement, a ensuite expliqué qu'il ne parlait pas du PS, ni même de son aile gauche, mais de la gauche de la gauche, comprenez Jean Luc Mélenchon, et de ses propos assimilant François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Tous les candidats à la primaire organisée par le PS avaient eux aussi l'ambition de se montrer rassembleur et de mettre en avant leurs propositions plutôt que de critiquer celles des autres. On a donc pas assisté à de vrais clivages frontaux sur le plan économique.

Il y en a, j'y reviendrai, mais dans ce premier débat, pas de rupture nette, juste des différences d'appréciation.

Loi Travail

Sur la loi Travail, ils sont quatre à la garder et deux à l'abroger clairement (écoutez le Journal de 8h pour une analyse plus en détail de ce point) mais il n'y a pas eu de de débat de fond sur la nécessaire flexibilité ou pas du marché du travail en France. Pas un mot non plus des 35h. Pourtant, dans les programmes, il y a une claire divergence entre un Benoit Hamon qui préconise une semaine à 32h, et Manuel Valls qui souhaite rétablir la défiscalisation des heures supplémentaires. Quand on incite à travailler plus pour gagner plus, c'est qu'on est à l'opposé d'une optique de partage du travail, à l'opposé donc du projet de Benoit Hamon. Ce sont deux visions de la création de richesse et de sa redistribution clairement irréconciliables.

CICE et entreprise

Sur la baisse des charges aux entreprises, le CICE, le pacte de responsabilité, et la conversion de la gauche à une politique de l'offre, on n'a pas entendu non plus de critique essentialiste.

Critique sur les résultats en terme d'emploi, oui, critique sur le manque de contreparties demandées aux entreprises et des abus, oui, mais pas de remise en cause de la nécessité d'une telle politique pour rétablir la compétitivité des entreprises.

Sylvia Pinel s'est démarquée avec un discours encore plus favorable à l'entreprise, l'attractivité, la nécessité d'attirer les investisseurs étrangers. Et de fait, personne ne l'a contredite sur ce point.

Sans aller jusqu'à dire "J'aime l'entreprise" comme Manuel Valls à l'université du Medef, aucun candidat n'a agité par exemple, la question de la redistribution des bénéfices au sein de l'entreprise. Pas un mot sur les 56 milliards d'euros de dividendes reversés aux actionnaires des entreprises du CAC 40.

François Montebourg a mis en avant sa volonté de taxer les super profits, mais personne n'a frontalement attaqué Manuel Valls sur sa proposition de faire passer le taux d’impôt sur les bénéfices à 28%.

Les sujets qui fâchent...

Le clivage passe souvent par Manuel Valls puisqu'il défend le bilan du quinquennat (ainsi que Sylvia Pinel), alors que les autres le trouvent "Difficile à défendre" (Montebourg), "Peut mieux faire" (Bennhamias), "Inachevé" (Hamon), Contrasté (De Rugis).

A lire : Primaire de la gauche : ce qui oppose les candidats

L'Europe

Sur la réduction du déficit, l'ancien premier ministre a toujours l'objectif de 3% du PIB en ligne de mire, Vincent Peillon aussi alors qu'Arnaud Montebourg et Benoit Hamon veulent s'affranchir de cette règle européenne. L'Europe, ce fut la grande absente du débat d'hier, alors qu'elle fixe des règles à l'économie française notamment sur les échanges.

S'en affranchir ou pas, question laissée ouverte donc...

Même si dans les programmes, il y a ceux qui défendent le traité de libre échange avec le CANADA, dont Manuel Valls, et ceux qui ne le signeront pas (là Peillon rejoint le camp Montebourg Hamon).

Objectif croissance, ou pas ?

L'autre ligne de fracture, c'est sur la croissance. C'est assez nouveau et c'est intéressant, car sur ce sujet, Arnaud Montebourg et Benoit Hamon sont à l'opposés l'un de l'autre. Avec Vincent Peillon et Manuel Valls, Arnaud Montebourg compte sur la croissance pour mener à bien son programme. Il en fait même un objectif à atteindre et table sur 1.9% en moyenne sur 5 ans.

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Façon de dire "la croissance j'irai la chercher avec les dents".

Rien à voir avec les ambitions de Benoit Hamon qui, contrairement aux autres, n'a aucune prévision de croissance et écrit en première phrase de son programme économique.

"Notre course effrénée après la croissance n’a pas de sens dans un monde où les ressources naturelles sont finies".

Pour le moment , les candidats n'ont pas réellement chiffré leur programme, mais quand ils le feront, c'est là que cette nouvelle ligne de partage apparaîtra plus claire. Qui compte sur la croissance pour financer son programme... ou pas... Vivement qu'on en parle.

Chroniques

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