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Les salariés de General Electric Grenoble rappellent les engagements pour l'emploi du groupe américain.

Quand les emplois fondent sous l'effet des fusions acquisitions

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L'avenir incertain des salariés de General Electric à Grenoble

Les salariés de General Electric Grenoble rappellent les engagements pour l'emploi du groupe américain.
Les salariés de General Electric Grenoble rappellent les engagements pour l'emploi du groupe américain. Crédits : Christophe Agostinis - Maxppp

Le retour d’Arnaud Montebourg dans le débat industriel, avec sa rencontre des salariés du site de General Electric à Grenoble. L’ancien ministre du redressement productif a voulu manifester sa solidarité auprès des salariés, et proposer des solutions pour éviter un plan social de 385 salariés sur 800 postes. On se souvient que le groupe General Electric, qui a racheté il y a deux ans la branche énergie d’Alstom, s’était engagé à créer un millier d'emplois en France. Il devait aussi compenser la suppression de 765 postes dans l’hexagone. Le dossier avait chauffé de toute part, jusqu’à remonter à l’Elysée où des engagements avaient été pris jusqu’à ce que les salariés du site "Hydro" de Grenoble apprennent, cet été, en interne, la préparation d’un plan de réduction d’emplois : à hauteur de 345 postes.

En l’état, il y a tout lieu de penser que la bataille autour de ces emplois va rapidement s’intensifier…

Ce qui pose la question de la validité des engagements de groupes internationaux. On avait compris que la France devait pourtant être épargnée lors de cette opération. C’était clairement le marché. Ce sont principalement les usines de Baden en Suisse, et celles de Mannheim en Allemagne qui étaient visées par des suppressions d’emploi par milliers…Outre-Rhin, on considérait que l’Allemagne payait un lourd tribut à cette fusion, à cause des promesses faites au gouvernement français et il s’est produit un scénario un peu voisin du nôtre : 12OO salariés qui ont défilé à Mannheim en 2015 en signe de protestation contre le plan social à leur encontre. Avec l’appui du syndicat IG Metall, et le soutien du ministre allemand de l’économie d’alors, Siegmar Gabriel. Eux aussi voulaient s’installer dans une forme de résistance syndicale… De quoi donner l’impression que les états sont finalement assez démunis dans les moyens de faire respecter des engagements publics.

En fait, les états se trouvent confrontés eux-mêmes à une double difficulté. Déjà le positionnement des groupes qui ont pratiqué une ou des fusions : ils jouent sur le moindre retournement du marché pour justifier des changements de stratégie. C’est net dans le cas de GE qui fait valoir que l’organisation de sa filiale à Grenoble, aux coûts prétendument élevés, lui ferait perdre des commandes et plomberait sa rentabilité. Manière de dire : la conservation des emplois n’est pas un dû….Vu comme cela, si l’entreprise perd des contrats industriels, elle ne se sentirait plus vraiment tenue d’honorer les siens auprès des salariés. Quoiqu’il en soit, on aboutit, c’est classique, à une bataille de chiffres entre emplois supprimés, emplois déplacés, sites reconfigurés, reclassements et permutations de métiers, reconversions professionnelles et emplois effectivement créés. Difficile dans ces conditions de cerner les emplois réellement maintenus !

De quoi y voir en fin de course la preuve qu’il est hasardeux de vouloir enfermer l’emploi dans des engagements, quels qu’ils soient : à la fin c’est le marché qui finit par imprimer les changements décisifs, et les entreprises qui, en invoquant les critères de compétitivité révisent leur positionnement sur l'emploi.

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