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Malgré la hausse du trafic aérien, la part de marché du groupe Air France-KLM est en recul depuis des années.

Comment éviter des trous d'air dans l'économie du transport aérien ?

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Les Assises du transport aérien posent la question des coûts sur un marché très concurrentiel.

Malgré la hausse du trafic aérien, la part de marché du groupe Air France-KLM est en recul depuis des années.
Malgré la hausse du trafic aérien, la part de marché du groupe Air France-KLM est en recul depuis des années. Crédits : Julio Pelaez - Maxppp

Le coup d’envoi, hier,  Porte de Versailles, des Assises du transport aérien : Trois  mois de consultations des professionnels de l’aéronautique avec les pouvoirs publics afin de dégager des stratégies compétitives dans un ciel chargé de concurrence.

Du coup, c’est l’ensemble des professionnels de l'aéronautique  qui est concerné par ces assises, pas uniquement Air France, mais c’est principalement la compagnie nationale , où l’Etat est présent à hauteur de 14 % du capital, qui est visée…Parce c’est elle qui porte le pavillon tricolore, et qu’il est constitutif de l’image qui est projetée dans le monde : il suffit, a contrario, de voir le désarroi des autorités italiennes aujourd’hui confrontées aux déboires d’Alitalia, pour saisir l’importance des enjeux… Or, au cœur de  ces enjeux, il y a la question de la compétitivité d’Air France. Le marché est porteur : 164 millions de passagers, il progresse, de 4 à 5 % en Europe, le double en Asie, …. mais Air France n’en profite guère : si c’était le cas elle augmenterait ses parts de marché. Or, c’est l’inverse, elle en perd à au rythme d'1 % par an depuis les années 2000. 

La compagnie a pourtant engrangé des bénéfices l’année précédente.

C'est le cas mais on objectera que c’est pour l’essentiel grâce à  KLM, son associée néerlandaise …Ce qui pose la question lancinante des coûts : la fédération nationale de l’aviation marchande chiffre à 123 % l’augmentation des taxes et redevances aéronautiques depuis 15 ans, avec en plus la prise en charge des contrôles de sécurité dont les coûts ont explosé, à quoi s’est ajoutée la taxe de solidarité, la taxe dite  Chirac en direction des pays émergents. Pour les dirigeants d’Air France, ces coûts s’ajoutent aux cotisations sociales employeurs qui, d’après leur calculs, seraient nettement supérieurs à celles de Lufthansa, principal concurrent d’Air France. Des coûts supérieurs quand le tarif des billets est en baisse, ça pose question. Alors, supprimer des emplois ? Air France en a perdu  20 000 en dix ans, soit le cinquième des effectifs. La  tentation, c’est alors d’accélérer sur les vols à bas coûts, comme avec le lancement de la nouvelle compagnie, Joon, (même si on la présente autrement), après Transavia,  et limiter les augmentations salariales, quitte à devoir faire face à des conflits avec les personnels.

Les Assises ne se résument pas aux problèmes de compétitivité sur les prix.

L’objectif il est aussi d’amener toute la filière aéronautique à se repositionner autour de l’aménagement du territoire avec les petites lignes, plus nombreuses qu’ailleurs, et la pertinence de certains aéroports régionaux. L’autre réflexion étant centrée sur des programmes toujours moins polluants, mais tous ces chapitres de débats ramènent sur le terrain des coûts. A la sortie vous retrouvez les concurrents: Lufthansa, la montée des compagnies des pays du Golfe et les Asiatiques. Elles obligent Air France à adapter son offre à l’adresse de  la clientèle étrangère tout en révisant celle qui touche la clientèle affaires à l’heure où une entreprise sur deux impose la classe économique à ses salariés. 

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