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"Les travailleurs et les étudiants européens doivent rester", dit en substance cette bannière des anti-Brexit lors d'une manifestation fin mars à Londres

Quid des expatriés des pays du Club Med après le Brexit?

3 min
À retrouver dans l'émission

Les pays du sud de l'Union Européenne (Espagne, France, Italie, Portugal, Malte, Chypre et Grèce) se retrouvent à Madrid pour leur 3ème sommet consacré aux conséquences du Brexit. La question des expatriés au Royaume Uni est centrale pour eux, surtout pour les pays les plus touchés par la crise.

"Les travailleurs et les étudiants européens doivent rester", dit en substance cette bannière des anti-Brexit lors d'une manifestation fin mars à Londres
"Les travailleurs et les étudiants européens doivent rester", dit en substance cette bannière des anti-Brexit lors d'une manifestation fin mars à Londres Crédits : Jay Shaw Baker - AFP

C'est la troisième fois que les dirigeants de ces 7 pays du sud se retrouvent pour esquisser leur vision de l'Union Européenne post-Brexit.

Parmi eux, la France, Malte, Chypre, l'Italie, et l'Espagne, la Grèce et le Portugal.

C'est sur ces trois derniers pays que je m'attarde dans ce billet. Ces pays que les marchés financiers ou les politiciens qui veulent les déconsidérer appellent les pays du Club Med, rapport à l'ensoleillement dont ils bénéficient, les vacanciers qui y sont nombreux, et aussi leur supposée propension à se la couler douce, pendant qu'au NORD, on trime.

Portugal, Grèce, Espagne: trois pays durement touchés par les conséquences de la crise financière et qui ont en commun d'avoir vu partir une grande partie de leurs jeunes sous des cieux économiquement plus cléments, au NORD.

  • En Grèce, on évoque le chiffre de 400 000 jeunes partis depuis 6 ans.
  • En Espagne, il y a eu 280 000 départs, rien qu'en 2012.
  • Au Portugal 120 000 jeunes, parmi les plus diplomés, quitteraient le pays chaque année.

Tous n'ont pas traversé la Manche, beaucoup vont aussi en Allemagne, mais le Royaume Uni est leur premiere destination, du fait de la langue, anglaise, que tout le monde ou presque apprend. Voir ici, une note de France Stratégie sur ces migrations intra-européennes.

Les chiffres communiqués par la sécurité sociale britannique le confirment d'ailleurs. Tout citoyen non britannique a l'obligation de demander un numéro de sécu pour travailler au Royaume Uni, or le nombre de ressortissants espagnols, grecs, portugais et italiens disposant d'un numéro de sécu a été multiplié par 2.5 depuis 2010.

Brexit et expatriés européens, quelles conséquences?

Il y a déjà eu une conséquence très tangible. Depuis le vote du Brexit, la livre a perdu environ 15% par rapport à l'euro. Du coup, le salaire de ces expatriés du sud a baissé d'autant en euro. Ceux qui envoyaient de l'argent à leur famille, ont donc eu plus de difficulté à dégager de la ressource pour le faire.

Pour le moment rien de plus. Sur son site internet, la sécu britannique précise que même avec l'activation de l'article 50 le Royaume Uni reste encore membre de l'Union Européenne, et que rien ne change pour le moment.

You don’t need to do anything as a result of Article 50 being triggered. There will be no change to the rights and status of EU nationals living in the UK while the UK remains in the EU. Vous n'avez rien à faire depuis que l'article 50 a été déclenché. Les droits des européens membres de l'UE vivant au Royaume Uni restent les mêmes, tant que le Royaume Uni reste dans l'UE.

Mais c'est une situation transitoire. Elle invite donc les expatriés européens à donner leur adresse mail pour être alertés si la situation évolue.

Quid des négociations sur ce sujet?

On sait que cela va être une monnaie d'échange. La position de la première ministre Britannique Theresa May est résumée ainsi par l'ambassadeur britannique en Grèce: "on garantira les droit des citoyens européens vivant déjà en Grande Bretagne, dans la mesure où les droits des citoyens britanniques résidants en Europe seront également garantis".

Cette réciprocité arrange aussi des pays comme l'Espagne, le Portugal, et la France, où de nombreux retraités britanniques passent leur vieux jours, consomment et font vivre, parfois localement, des villages entiers.

Il y a des chances que cette question soit tranchée en dernier, tellement elle est cruciale, économiquement mais aussi politiquement. L'immigration européenne en Grande Bretagne a été l'un des carburant du Brexit, Theresa May ne peut l'ignorer.

A ce titre, les immigrés des pays de l'Est, bien plus nombreux encore outre manche que ceux du sud, ont aussi des raisons de s'inquiéter. Pologne, Hongrie, République Tchèque et Slovaquie ont d'aillers aussi leur propre groupe au sein de l'Union Européenne, le groupe de Visegrad. Ironie du sort, eux ce sont unis pour dénoncer la politique migratoire de l'UE qu'ils jugent trop accueillantes. Pour autant aucun n'envisage de sortir de l'UE, et certains de leurs dirigeants demandent à la Grande Bretagne des gages sur leurs expatriés.

Réciprocité? Vous avez dit réciprocité? Une valeur qui n'est plus très en vogue au sein de l'Union Européenne.

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