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En Chine, le G20 a rassemblé plus de 20 chefs d'Etat

Si Cahuzac avait été Chinois...

3 min
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Les plus grandes puissances économiques sont réunies à Hangzhou, en Chine pour participer au G20. Au menu, croissance, commerce et "intensification de la lutte contre l'évasion fiscale". Un "sport", très très pratiqué en Chine, comme l'ont révélé les Panama Papers mais chut...

En Chine, le G20 a rassemblé plus de 20 chefs d'Etat
En Chine, le G20 a rassemblé plus de 20 chefs d'Etat Crédits : Stephen Crowley - Sipa

A 200 kilomètres au sud de Shangai, Hangzghou accueille en ce moment les chefs d'état du G20, le groupe des pays les plus riches de la planète.

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Un décor de carte postale, temple flottant sur un lac, avec au loin, d'un côté les montagnes, et de l'autre les grattes ciels... et en début de réunion, un gala somptuaire.

Sur les images, on voit François Hollande entre le président Américain, Barack Obama, et le premier ministre Indien, Narendra Modi. Plus devant, Angela Merkel, à côté de Vladimir Poutine, prend des photos du spectacle.

Plus sérieusement, auparavant, le président hote, Xi Jinping a appelé ses hôtes à éviter les "discussions creuses". Le chef de l'Etat François Hollande qui participe là à son dernier G20 du quinquennat, entend plaider pour une "intensification de la lutte contre l'évasion fiscale", alors que son ex ministre du budget se retrouve dans le box des accusés en France sur ce même sujet.

Des milliers de Cahuzac Chinois...

Des "Jérome Cahuzac", il doit y en avoir en Chine! L'ICIJ, le consortium de journaliste d'investigation qui a sorti les Panama Papers publie régulièrement des enquêtes édifiantes sur ce pays.

Aucune d'elle n'a jamais filtré. Pourtant, la Chine aurait dû être la star des Panama Papers. Un tiers des entreprises crées par Mossack Fonseca, le cabinet panaméen l'ont été pour le compte de clients chinois ou d'Hong Kong.

On retrouve tous les secteurs de l'économie chinoise dans les Panama papers, ainsi que l'élite politique chinoise dont 8 proches membres, anciens ou actuels du très puissant comité permanent du bureau politique du parti, l'organe qui dirige le pays: fille d'ex premier ministre, fils d'ex vice président, et plus actuel, beau frère du président hôté du G20 Xi Jinping.

Or des Panama Papers, la presse chinoise n'en a pas dit un mot, sauf pour diffuser l'idée que les journalistes de l'ICIJ seraient des agents secrets américain... Les réseaux sociaux ont été censurés, et les chaines de télé étrangères blacked out, leur contenu sur le sujet, effacé.

Aucun scandale à la Cahuzac n'est donc possible en Chine, sauf si le pouvoir a décidé d'éliminer un génant... l'opinion publique, bien que sensible au sujet est maintenu au maximum dans l'ignorance.

Selon l'ICIJ, entre 1 et 4 trillions de dollars, 1000 à 4000 milliards ont quitté la Chine sans laisser de trace depuis 2000.

1000 à 4000 Mds partis sans laisser de trace

Le principal récipiendaire de cet argent Chinois off shore, ce sont les Iles Vierges Britanniques. 40% du business de ces iles vient de Chine et d'Asie. Et c'est là que les discussions qui vont se tenir à ce G20 et les prochains sont déterminantes. Car, depuis le scandale des Panama Papers, il est question d'établir prochainement une liste de paradis fiscaux non coopératifs, cela a déjà été entériné par les ministres des finances du G20. (Voir le point 10 du communiqué).

Ce sera intéressant de voir si la Chine protège ses évadés fiscaux ou si elle aussi se met en chasse des impôts qui lui sont dus et lui échappent.

Car l'évasion fiscale est aussi un problème pour l'économie chinoise. Atelier du monde, elle n'est le siège asiatique que de 16% des plus grandes entreprises selon PWC.

En domiciliant leur sièges en dehors de la Chine continentale, les entreprises étrangères évitent le contrôle des capitaux, et peuvent pratiquer de lucratifs prix de transfert, ce qui leur permet de diminuer les impôts payés en Chine. Ils sous facturent les biens produits en Chine à une filiale logée dans un lieu où les taxes sont plus clémentes. Le projet BEPS, Base Erosion Profit Shifting, littéralement érosion de la base imposable, vise à limiter ces pratiques. Pour l'heure en tout cas, ce sont surtout ses voisins qui ont bénéficié de l'implantation en Chine de nombreux centres de production. Toujours selon cette étude, Hong Kong accueille 34% des sièges asiatiques des plus grandes entreprises et Singapour 41%. Ah tiens Singapour où se sont retrouvés les comptes de Jérôme Cahuzac quand ils sont partis de Suisse... et si Jérôme Cahuzac était chinois?

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