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"Le Brexit c'est fantastique", déclarait Donald Trump, le jour du Brexit lors d'un voyage en Ecosse

Trump, le Brexit américain

3 min
À retrouver dans l'émission

Remplacez Bruxelles par Washington, les propos xénophobes sur les immigrants de l'Est, et ceux du Mexique. Jetez un oeil aux réactions des marchés financiers, des médias, des économistes, quasiment tous anti-Trump. Le candidat républicain dit être un Brexit US, et espère faire mentir les sondages.

"Le Brexit c'est fantastique", déclarait Donald Trump, le jour du Brexit lors d'un voyage en Ecosse
"Le Brexit c'est fantastique", déclarait Donald Trump, le jour du Brexit lors d'un voyage en Ecosse Crédits : Andrew Milligan - Sipa

Donald Trump, un nouveau Brexit? Les résultats nous diront s'il y a aussi ce point commun entre le candidat Républicain et le Brexit d'avoir fait mentir les sondages. Vous remarquerez, que comme pour le Brexit, les sondages ne donnent pas le candidat Républicain gagnant, mais comme pour le Brexit, certains sondages ont dit l'inverse, et le doute est donc permis.

Donald Trump aimerait bien d'ailleurs être un nouveau Brexit, il l'a dit très clairement lors de son dernier meeting hier soir à Raleigh dans le Michigan.

"Demain ce sera une journée véritablement historique. Ca va être un Brexit puissance trois".

NB: ce billet est une version augmentée du billet radio de ce matin. Si les Etats-Unis vous intéressent, je vous conseille d'ouvrir les liens (il y en a peu, mais ils sont vraiment intéressants). J'ajoute à la fin de ce billet, la série de billets que j'avais faite l'an dernier sur la situation économiques des Etats Unis, lors d'un voyage à Raleigh en Caroline du Nord.

I support the American Brexit, "je soutiens le Brexit américain", affichent d'ailleurs certains de ses soutiens dans leur présentation sur les réseaux sociaux, avec ce mot clé #MAGA, qui veut dire Make América Great Again.

Ce MAGA, c'est une autre façon de dire "c'était mieux avant". Comme pour les partisans du Brexit, cette petite musique nostalgique a bercé les oreilles des partisans de Donald Trump. Vous pouvez lire la même analyse dans cet excellent article de l'Express: Trump Brexit: le grand malaise blanc.

Anti-establishment et xénophobe

Si vous remplacez Bruxelles par Washington, vous aurez le même discours anti-establishment, anti gouvernement central. Qu'il soit l'émanation d'une fédération comme aux Etats Unis, ou d'un groupe d'Etats comme en Europe, peu importe, la critique est la même: il y a une bande qui gère nos vies et ne cesse de prendre de mauvaises décision. Faire le choix de Trump ou du Brexit, c'est les mettre dehors.

Trump Brexit, même combat. De façon très opportune d'ailleurs le milliardaire était en Ecosse, au lendemain du Brexit, le 24 juin. Il inaugurait un golf qui porte son nom. Sur le site qui domine la mer, casquette blanche avec écrit "Make America great again" dessus, Donald Trump déclare "Le Brexit, c'est fantastique" et dit pourquoi il y a un parallèle entre le vote britannique, et celui à venir des américains. Vous retrouverez la vidéo sur le site du Figaro.

Les gens veulent des frontières, ils ne veulent pas de cette arrivée massive de gens qu'ils ne connaissent pas, c'est leur volonté...

Les discours anti-mexicains de Donald Trump ressemblent à s'y méprendre à ceux de U-Kip, le parti pro-Brexit. Comme lui, Donald Trump veut rallier les déclassés. L'Institut Français des relations Internationales dresse le portrait type de l'électeur de Trump dans une étude passionnante que vous retrouverez en lien ici.

Blanc conservateur, de la classe des travailleurs, mais pour qui l'ascenseur social a cessé de fonctionner, voilà ce portrait type.

Le porte voix des déclassés

Comme pour le Brexit, plus les voix "autorisées" prennent parti contre Donald Trump, et plus il gagne des suffrages potentiellement.

A part quelques patrons de hedge funds, les milieux d'affaires ne le soutiennent pas, (bien qu'il propose de réduire massivement les impôts), la plupart des médias non plus, même chez Cnn.

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Quant aux artistes, ils soutiennent davantage aussi Hillary. Je vous conseille d'aller voir cet article pour un compte rendu (images d’œuvres d'art à la clef), de ce que cette campagne a inspiré à divers artistes.

Comme le Brexit, Donald Trump fait trembler les marchés financiers car on ne sait pas exactement le programme qu'il va mener s'il était élu. La peur de l'incertitude était aussi l'un des arguments économique majeur des anti-Brexit. Vous pouvez retrouver ici un précédent billet: Brexit, l'économie vote contre

Les marchés financiers inquiets

Si Donald Trump est élu, on nous prédit la chute du dollars, la flambée du cours de l'or... Quand des sondages le donnent gagnant l'indice S&P 500 descend. Cet indice est l'équivalent du CAC 40, or 35% des entreprises de cette indice exportent en dehors des Etats Unis, on comprend que leur devenir inquiète si Donald Trump respecte ses promesses protectionnistes.

Enfin, 370 économistes ont publié une tribune dans le Wall Street Journal intitulée "DO NOT VOTE DONALD TRUMP". Ils lui reprochent ses mensonges et affirment qu'il est un danger pour l'économie et la démocratie.

Donald Trump is a dangerous, destructive choice for the country. He misinforms the electorate, degrades trust in public institutions with conspiracy theories, and promotes willful delusion over engagement with reality. If elected, he poses a unique danger to the functioning of democratic and economic institutions, and to the prosperity of the country. For these reasons, we strongly recommend that you do not vote for Donald Trump.

Qu'il gagne ou qu'il perde, Donald Trump aura libéré une parole xénophobes aux Etats Unis, comme l'a fait en Grande Bretagne le Brexit. Theresa May, la première ministre britannique n'a t-elle pas demandé fin octobre aux entreprises de faire le compte des étrangers? Qui l'aurait imaginé il y a un an?

De plus, en posant le mauvais diagnostic sur les problèmes économiques américains, il a toutes les chances de proposer les mauvaises solutions s'il était élu. Mais Hillary Clinton non plus ne fait pas le bon diagnostic, selon 300 économistes. Nous en reparlerons dans les prochains billets.

Les billets de l'an dernier (toujours d'actualité pour la plupart):

Ainsi que précédemment : Bernie Sanders est-il socialiste?

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