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2014, année de vérité pour nos institutions

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Plusieurs éléments vont se conjuguer dans les mois qui viennent, pour révéler parfois en creux, mais parfois aussi objectivement, les petits travers et les grandes contradictions de la vie politique française, qu’il sera peut-être alors temps de faire évoluer, qui sait ?

Le pacte de responsabilité de François Hollande, et le positionnement assumé du Président de la République au centre-gauche, on l’a déjà dit ici, vont obliger les partis et leurs courants à se repositionner en fonction d’une politique sociale-démocrate, qui semble séduire les esprits tout autant qu’elle gène les appareils.

Mais le calendrier électoral, atypique cette année, agit également comme révélateur de quelques points de tension bien français, qu’on connaissait évidemment, mais qui pour le coup apparaissent au grand jour ! Municipales au mois de mars, puis élections européennes en mai : cette séquence électorale pas banale, c’est un peu comme un mauvais alignement des planètes pour les partis : ça inquiète, ça stresse, et on jurerait même que ça influe sur les humeurs.

Deux preuves éclatantes, les jours derniers. Samedi : c’était le congrès du MoDem de François Bayrou, auquel Jean-Louis Borloo était invité. Les deux hommes ont tenté de réactiver l’Alternative, union de l’UDI et du MoDem, qui a été fabriquée en vue des européennes, mais qui a beaucoup plus de mal à gérer l’approche des municipales. Pour rappel, Bayrou qui a voté Hollande en 2012, est bien content de recevoir le soutien de Copé et de l’UMP pour prendre Pau, mais, tout en célébrant l'Alternative donc, il ne renie pas les listes d’union PS-MoDem pour les municipales, certaines pouvant même aller jusqu’au PC !

Les alliances, on le voit, sont à géométrie au moins aussi variable que sont douloureux les déhanchements qu’elles imposent.

Et que se passe-t-il de l’autre côté du PS ? Exactement la même chose entre le Parti Communiste et le Parti de Gauche, avec évidemment un positionnement par rapport à l’Europe bien différent : les deux formations avaient créé le Front de Gauche à l’occasion des dernières européennes, mais s’éloignent dangereusement à la 1ère municipale venue.

Ces deux scrutins de 2014, le premier local et le second européen, vont révéler en creux ce que ne disent pas, ou plus, les élections nationales en France : premièrement que c’est de plus en plus sur les questions européennes que se dessinent les clivages politiques désormais. Deuxièmement, qu’il est possible de s’unir, de se coaliser, pour gérer, comme on le fait dans les communes. Et comme le font 11 pays désormais en Europe.

L’un d’eux, d’ailleurs, c’est les Pays-Bas où François Hollande sera en visite officielle aujourd’hui. Encore une occasion de réfléchir, peut-être, sur le fonctionnement de nos institutions.

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