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Au FN, euro et débats.

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Le Front National, c’est le parti de l’ordre, bonapartiste par excellence. C’est vrai qu’à l’approche d’un grand séminaire, prévu début février, pour définir une stratégie en vue de 2017, la tension monte un peu. Mais ils en ont vu d'autres, au FN. Exclure Jean-Marie Le Pen, l’an dernier, par exemple, c’était une autre paire de manche. Ça ne s’est pas fait comme ça, vous vous en souvenez. Et pourtant, ça s’est fait.

Alors, oui, hier on a bien vu Louis Aliot et Florian Philippot, deux vice-présidents du parti, s’affronter, par presse interposée. L’un, dans le Figaro, expliquant qu'il fallait sortir de l’euro moins brutalement que prévu, et peut-être plus du tout. L’autre, répliquant que la ligne économique du FN n’a pas changé : “on sortira de l’euro”. Le souverainisme, selon Florian Philippot n’étant pas soluble dans l’électoralisme. Ni évidemment dans le libéralisme. Car c’est là, finalement, que la vraie question se pose pour le Front National : faut-il continuer à se dire “économiquement de gauche” ?

On le voit, les débats, lors de ce séminaire, seront avant tout d'ordre économiques. avec cette question fondamentale : comment tenter de concilier les intérêts des électorats très divers du Front National ? Garder les classes populaires, les ouvriers, continuer à parler aux agriculteurs. Et dans le même temps, aller chercher, rassurer les artisans, les petits patrons, et même les cadres, moyens et supérieurs, de l’entreprise ? En gros : comment assumer de nouveau un libéralisme qui n’a en fait jamais été abandonné ?

Le FN veut faire reculer sa frontière électorale, dans l’espoir de passer la barre des 50%, de transformer son formidable potentiel électoral en machine à gagner les élections. Ca ne se fera pas comme ça, on l’a vu hier, avec cette réaction très rapide, presque épidermique de Florian Philippot le gaulliste, en gardien du temple. Les questions, début février, porteront également sur la question du nom, et du nouveau slogan : “La France apaisée”. Mais là encore, il y a débat : peut-on faire du “wishfull thinking” sans s’affadir ? Rassurer sans arrêter de cliver, ce qui est quand même la raison d’être du FN ?

Alors oui, ce séminaire sera houleux. Mais Marine Le Pen veut continuer à se montrer sereine, et en vérité, elle le peut ! Elle n’est pas contestée en interne, ou du moins pas suffisament pour faire oublier à ses troupes qu'à l'extérieur du parti il n'est point de salut. Aymeric Chauprade peut en témoigner.

Elle n’aura aucun problème cette année à obtenir les parrainages pour sa candidature à la présidentielle, elle n’aura pas à affronter de primaires.Elle peut donc continuer à organiser sa petite traversée du désert médiatique, pour tenter de revenir en se disant changée, transformée, apaisée, peut-être. Et entre temps : écrire un livre, comme tout le monde.

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