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Au Front national, jusqu'ici tout va bien

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Le Front National pêcherait-il par excès d’optimisme, en ce moment ?

Marine Le Pen, interrogée par le Journal Du Dimanche, teste visiblement déjà ses éléments de langage pour la soirée électorale de dimanche : “Nous serons au centre des discussions de l’entre-deux tours. Le seul vainqueur sera le FN”. Propos qui illustrent parfaitement le caractère “serein et tranquille”, de cette fin de campagne que dit vivre la présidente du Front : “Je termine, explique-t-elle, par les endroits où ils ont le moins besoin d’un coup de pouce de ma part”.

Effectivement. Elle sera aujourd’hui à Saint-Gilles, dans le Gard. Chez Gilbert Collard, le député, qui avoue lui, au quotidien Le Monde, qu’il “n’a pas besoin de faire campagne", que “la situation s’en charge”. Pour compléter ce tableau idyllique d'un Front National qui s'y voit déjà, on pourrait rappeler aussi cette déclaration du président d’honneur, Jean-Marie Le Pen, qui s’est dit convaincu samedi, que sa fille serait présidente de la République en 2017.

Et si ça ne se passait pas exactement comme prévu ? Et si, par exemple, le Front National, était touché lui aussi, par l’abstention, dimanche ? Après tout, ne pas vouloir faire campagne autrement qu’en posant des diagnostics sur les crises, c’est une façon de ne pas amener de réponses, et c’est toujours la même tactique qu’il y a 30 ou 40 ans : rien de bien motivant pour les électeurs.

Et si (pire !), le Front National était confronté aux conséquences des affaires ? Cette sombre histoire des “malgré nous”, ces candidats (dont une vieille dame malade d’Alzheimer), inscrits contre leur gré sur des listes FN, c’est une affaire. Et un vrai scandale politique. Et puis rien ne dit que les “écoutes Buisson” n’auront pas d’impact aussi, sur le vote d'extrême droite. L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy appartenant, rappelons-le, à cette famille de pensée.

A trop taper sur la classe politique tout en voulant en faire partie, le Front National va finir par scier la branche sur laquelle il est assis, mais le plus compliqué est peut-être à venir. Quand il aura gagné cinq, ou six, ou une dizaine de mairies (ce qui est peu pour le “premier parti de France”), et quelques postes de députés européens, il faudra que le Front National se trouve une ligne politique. Et ce sera pas simple, entre tradition et normalisation.

Il lui faudra gérer des villes moyennes, c’est à dire faire preuve de réalisme (oublier la préférence nationale par exemple), tout en continuant son oeuvre d’unification de l’extrême droite européenne. En frayant avec la ligue du nord italienne, le Vlams Belang belge, le FPÖ autrichien : tout sauf des modérés !

Pas sûr qu'il soit si facile, pour le FN, d’être à Forbach et à Berlin.

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