LE DIRECT

C'est la grande quinzaine de l'attractivité

2 min
À retrouver dans l'émission

Le Président de la République reçoit aujourd'hui, à l’Elysée, une dizaine de ministres et, surtout trente grands patrons d’entreprises internationales, pour les rassurer, pour les écouter. Ces dernières années, les investissements étrangers ont baissé en France, et il faut à tout prix tenter d’inverser cette courbe.

Dans la foulée de la visite d’état aux USA, l’organisation de ce conseil stratégique de l’attractivité, c’est parfaitement cohérent. En pleine période de “french bashing” dans la presse internationale, et au moment où une nouvelle poussée de déclinisme se fait durement ressentir à l'intérieur même de nos frontières, c'est plus qu’urgent.

Alors, il devrait y avoir des annonces aujourd’hui. Il y aura surtout des discussions, sans tabou, promet l’Elysée. En clair, c’est un peu le volet “diplomatique” du pacte de responsabilité qui va se mettre en place : mais, évidemment, encore moins qu’avec nos patrons à nous, il ne saurait ici être question de contreparties chiffrées, en emploi ou en investissement. La France va s’engager, notamment, sur une simplification des procédures administratives, sur l’amélioration des infrastructures, sur des baisses d’impôts aussi, on parlera peut-être aussi flexibilité. Et les investisseurs étrangers n’auront aucune autre obligation que de venir faire du business ici.

Résultats non garantis donc, mais personne ne pourra reprocher sérieusement au gouvernement d’essayer de faire revenir en masse les projets, les investissements, les usines. Et puis : “Enfin !, diront les sceptiques, alleluia, il a tranché !”. Entre la ligne Medef, et la ligne Mélenchon (le leader du Parti de Gauche était à la télé hier encore, toujours nostalgique des temps où l’économie était... plus administrée : ah ! ces années glorieuses où l’état lançait lui même la fabrication de fusées, d’avions, et de trains à grande vitesse. Entre la ligne Medef donc, et la ligne Mélenchon, au moins, un choix a été fait, clair, assumé…

A moins que… à moins que…

Vous le savez comme moi : un grand patron, c’est tatillon, exigeant, méfiant, sinon, ça devient pas un grand patron. C’est aussi “parfaitement informé”. Et ceux qui seront reçus à l’Elysée aujourd’hui savent bien sûr pertinemment, qu’au même moment, à l’Assemblée Nationale, sera examinée la “loi Florange”, loi de nature plus contraignante, qu’encourageante, de leur point de vue.

Et voilà. “Patatras !”, diront les sceptiques Encore une preuve que le choc de simplification ne s’est pas fait dans la tête de nos gouvernants. Toujours à vouloir ménager la chèvre et le choux, à donner des gages à droite et à gauche. Toujours finalement dans l'impossibilité de décider franchement, de tenir un cap, courageusement. Toujours à vouloir être “attractif” avec tout le monde.

Le risque évidemment, en économie comme en politique, et surtout en année électorale, c’est de ne plus l’être avec personne.

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......