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C'est la guerre des tribunes

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Ce matin dans Le Point, Nicolas Sarkozy publie une tribune sur l’Europe, certes. Il donne sa vision de l’Union, d’accord. Il la critique beaucoup, aussi. Tout en faisant des propositions audacieuses. Mais surtout, ce matin, Nicolas Sarkozy passe la sulfateuse sur la tribune de François Hollande. Vous ne vous en souvenez peut-être pas : c’était au début du mois, dans Le Monde. Le Président de la République actuel publiait, lui aussi un texte, intitulé : “L’Europe que je veux”.

Il y enchaînait quelques idées sur “l’Europe de la paix”, sur le volontarisme, qui peut aider à améliorer les institutions. Et sur la place de la France parmi les 28, avec en prime le nécessaire et attendu chapitre sur la question du climat. Mais François Hollande ne faisait ce jour là aucune proposition d’envergure.

Et c’est peu de dire qu’en comparaison, la tribune de son prédécesseur à l’Elysée, c’est une bombe. Qui fera probablement date. A trois jours du scrutin, c’est fait à dessein bien entendu. Le moment est parfaitement choisi pour occuper tout l’espace pendant la dernière ligne droite de la campagne, et s’afficher comme un grand homme. Peut-être le “père re-fondateur de l’Europe”. Le titre de cette tribune est d’ailleurs révélateur, qui insiste sur “l’absence de leadership”, sous entendu : coucou, je suis là, si jamais vous aviez besoin. Le dernier paragraphe commence également ainsi : “Il y aurait encore tant d’autres choses à dire, de propositions à faire”. On sent que ça le démange, de continuer à les faire.

C’est donc un retour, très politique. Et c'est plutôt finement joué. En critiquant sévèrement la commission européenne, le fonctionnement, ou plutôt le non-fonctionnement, de Schengen, Nicolas Sarkozy met en cause le fondement des institutions actuelles. Et il sait que ça plaira aux euro-sceptiques. Mais en faisant des propositions, très volontaires, et en déclarant qu’on appartient tout autant à un continent qu’à un pays, il sait qu’il plaira à tous les autres. C’est la même stratégie quand il écrit qu’il faut enterrer Schengen, pour mieux refaire Schengen, version 2, en mieux. C’est un peu comme une synthèse maline des positions de l’UMP.

En gros, il fait ce que Jean-François Copé n’a jamais réussi à faire dans cette campagne. Et il le renvoie à ses problèmes d’intendance. Et puis, accessoirement, Nicolas Sarkozy répare deux défauts majeurs de sa tribune précédente, dans Le Figaro, le 20 mars dernier, qui était beaucoup trop centrée sur sa personne. Et qui était défensive, pour répondre aux affaires qui l’affaiblissent.

Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy essaye aussi de nous faire croire que ses affaires, sont désormais strictement européennes.

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