LE DIRECT

Davos, the place to be

2 min
À retrouver dans l'émission

Davos, c’est "l’endroit où il faut être”, a estimé Manuel Valls, dans une interview donnée hier à la Radio Télévision Suisse. Il est tellement omniprésent, en ce moment, dans les médias, sur tous les fronts parlementaires, notre Premier Ministre, qu’il est rassurant de constater qu’il ne fait pas ses choix au hasard.

Davos, donc, “the place to be”, soit. Ça ne choque plus personne chez les socialistes. Les chafouins du PS sont finalement peu nombreux à dénoncer le déplacement de celui qui parlait l’an dernier de “l’apartheid social” des banlieues françaises dans ce que beaucoup considèrent encore comme le ghetto des riches et de la finance mondiale.

Il faut dire que le message sur la gauche française amie de l’entreprise, et pro-business, réaliste sur les questions économiques est bien passé ces derniers mois. Les frondeurs du PS l’ont parfaitement entendu, et ils semblent un peu résignés ces temps-ci, même éteints. Vous avez remarqué par exemple que le couplet très blairiste de François Hollande, lundi, sur la 3ème voie, quand il a présenté son plan d’urgence, a finalement provoqué peu de réactions au PS.

La question, c'est : que va dire Manuel Valls à Davos

Même s'il est encore un symbole de la finance toute puissante, le forum économique mondial s’est ouvert ces dernières années, à des dirigeants d’ONG, à des artistes, à des militants sociaux. Les discussions sur l’environnement, ou sur la place des femmes, par exemple, y sont désormais fréquentes.

Ce que dira Manuel Valls est donc quand même un peu attendu. Un député frondeur nous expliquait hier soir qu’il espérait encore que le Premier Ministre profite de l’occasion pour dénoncer clairement les abus de la finance, pour se battre farouchement contre l’évasion fiscale, pour appeler à une meilleure régulation des marchés internationaux. “Ce serait tellement mieux, nous disait ce député, que de le voir jouer au jeune responsable de gauche moderne, comme il l’a fait à Jouy-en-Josas, devant le Medef, l’été dernier.”

Le problème, c’est qu’à Davos, Manuel Valls jouera des coudes avec un autre responsable français de premier plan : Emmanuel Macron, ministre de l’économie, son principal concurrent sur le terrain de la “gauche moderne”. Et vous savez à quel point, à Davos, peut être sacré le principe de la concurrence libre et non faussée.

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......