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Déchéance : qui trouvera la porte de sortie ?

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Il faudra bien que le débat sur la déchéance de la nationalité ait une fin, et si possible une fin qui puisse justifier tous les moyens engagés depuis de longues semaines. Le symbole-déchéance aura coûté cher politiquement, et il est grand temps de trouver une solution qui puisse satisfaire, sinon tout le monde, au moins les 3/5ème.

Le Président de la République, évidemment, ne veut rien enlever de son discours devant le Congrès à Versailles, et surtout pas le mot “déchéance”. Les députés de gauche, ceux qui s’en veulent encore de l’avoir applaudi debout ce jour là, refusent d’inscrire dans la constitution un principe d’inégalité entre les citoyens. Le Premier Ministre ne veut pas que la réforme débouche sur la création d’apatrides. Quant à la droite, elle veut bien voter, mais à condition qu’on touche le moins possible au texte actuel.

Bref, il va falloir, dans les jours qui viennent, beaucoup d’inspiration à l’homme qui a été choisi hier pour tenter de résoudre l’équation.

Cet homme, désigné par les députés socialites, c'est Jean-Jacques Urvoas.

Oui, Christiane Taubira s’efface d’un côté, et Urvoas entre en scène de l’autre. On a appris hier que finalement, la garde des Sceaux, en désaccord avec le texte, ne le défendrait pas au parlement le mois prochain. C’est Manuel Valls qui le fera, grâce au concours, effectivement, de son ami, Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des lois de l’Assemblée, qui va devoir trouver les mots, la formule magique que tout le monde attend.

L’homme est habile, c'est un juriste expérimenté, qui a l’habitude des montages compliqués, et il est tout désigné pour mener ce dossier. Alors, question : pourra-t-il se dédire si jamais la solution trouvée penche du côté de la déchéance de citoyenneté, contre laquelle il s’était prononcé ? À voir : c’est vrai que cet élément rajoute un niveau de complexité à la situation de Jean-Jacques Urvoas.

Mais la politique, c’est comme ça, c’est injuste : il y a les soutiers, ceux qui triment pour essayer de mettre tout le monde d’accord. Et les premiers rôles, les stars, les ministres qui peuvent tout à la fois ne pas fermer leur gueule, et ne pas démissionner. Il y a les travailleurs de l’ombre, qui se démènent pour trouver les portes de sortie. Et ceux qui ne sont pas pressés de les prendre.

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