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Du réel en politique, de sa représentation, et de sa transformation

2 min
À retrouver dans l'émission

Faire de la politique, c'est vouloir agir, pour changer les choses, la société. Pour "changer la vie", comme disait Mitterrand. Ou pour faire en sorte que "tout redevienne possible", comme disait Sarkozy. Faire de la politique, c'est ambitionner d'avoir prise sur le réel, pour le transformer. Et au final l'améliorer. Et alors disons-le tout de suite, Marc : c'est noble.

Il arrive que ça marche ! C'est même assez fréquent, et l'alternance entre les changements qui nous conviennent, et ceux qui ne nous conviennent pas, alimente la chronique quotidienne que nous tenons tous, fiévreusement, sur la vie de la cité. Mais il arrive aussi, trop souvent, que les politiques renoncent à agir, pour des raisons qui peuvent être aussi nombreuses que peu avouables. Qu’il s’agisse de masquer un échec, un virage social-démocrate, ou un manque de volonté. C'est alors qu’ils entreprennent de transformer, non pas le réel, mais sa représentation !

C'est évidemment beaucoup moins noble, et il se trouve que l'actualité politique récente nous donne plusieurs exemples parfaitement affligeants de ce genre de situation. A cet instant, vous pensez bien sûr tous comme moi... à Jean-François Copé.

Alors, faisons abstraction du fond de l'affaire Bygmallion, pour simplement analyser la stratégie adoptée hier par le président de l'UMP. Face à la controverse et aux accusations, lourdes, portées contre lui, il n’a pas choisi de se défendre, mais de diluer. D’enfumer. De faire diversion.

En ne répondant pas sur le fond, en essayant de faire rejaillir sur les autres, des accusations qui étaient formulées contre lui... Et surtout en proposant "solennellement" des mesures qui existent déjà, comme la transparence des comptes des partis politiques, Jean-François Copé sait très bien qu'il n'a fait que gagner du temps. Il sait aussi qu'il a perdu encore un peu de crédibilité, comme ça arrive aux politiques, à chaque fois qu'ils remplacent la politique par de la communication (faire de la com', c'est l'autre façon de dire, pour "transformer la représentation du réel").

Autre exemple, édifiant : cette affaire de statistiques truquées, à échelle industrielle, à la Préfecture de police de Paris. D'après une enquête de l’inspection générale de l’administration, ça fait 10 ans que les statistiques de la délinquance parisienne sont systématiquement minimisées. Pour être politiquement équitable, on pourrait évoquer aussi le déni dont le gouvernement actuel se rend régulièrement coupable en ce qui concerne les interprétations des chiffres du chômage.

Les politiques devraient se méfier, ne pas abuser de ce "ministère de la parole tordue", parce qu'au finale, ce sont toujours les électeurs, qui ont le pouvoir de transformer le réel.

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