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En quelle année vivent les députés UMP ?

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Hier à l’assemblée, il a été question de ceux qu'on a appelé les "Réunionnais de la Creuse", ces 1600 enfants environ, on n'a jamais eu le chiffre exact, qui ont été déplacés de force vers la métropole entre 1963 et 1982. Et alors, c'est probablement quelque part entre ces deux dates que sont restés bloqués ces députés, UMP et UDI, qui n'ont pas voulu reconnaître la "responsabilité morale" de l'état, dans les souffrances infligées à ces enfants. Dont certains n'étaient ni orphelins ni abandonnés, et qui ont été arrachés à leur famille pour venir repeupler la France de l'exode rural.

Au passage, on aurait pu s'attendre à ce que les députés de droite attachent un peu plus d’importance à la valeur famille. Passons.

Alors, quel est le problème de cette résolution mémorielle, pour l’UMP, qui a voté contre alors que l’UDI s’est abstenu ? “On comprend la douleur des déracinés”, explique Christian Jacob, mais, souligne le président du groupe UMP à l’Assemblée, en 2002, un rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales a validé la politique de Michel Debré (père, rappelons-le, à la fois de la constitution, et d’un député UMP actuellement en exercice).

Alors élu de La Réunion, Michel Debré croyait peut-être bien faire en imaginant ce plan. Mais, 50 ans plus tard Didier Quentin, porte parole du groupe UMP, le défend toujours. Pour lui, ces enfants réunionnais "ont trouvé des conditions de vie meilleures en métropole”.

Ce qui revient à dire en quelque sorte, qu’il n’y a pas de problème. Et que, finalement, rien n’a vraiment changé depuis tout ce temps. Rien n’a changé dans les rapports de la métropole avec l’outre-mer. Le paternalisme jacobin peut permettre de continuer à imaginer les territoires français lointains comme des réservoirs de population. Des miséreux bien souvent, qu’on peut utilement transformer en force de travail (d’ailleurs, il y a des secteurs en tension, en ce moment, on pourrait peut-être regarder du côté de la Nouvelle Calédonie, pourquoi pas ?)...

Rien n’a changé dans le fonctionnement des services sociaux. Aucun progrès n’a été fait en matière de psychologie infantile. Car ce ne sont pas de simples souffrances qu’ont subit ces enfants déracinés, mais pour beaucoup, de graves tortures. Et puis sur un plan plus politique, rien n’a changé non plus, si on en croit nos députés de droite, dans l’outillage législatif dont on dispose. Ils en sont restés au temps des lois mémorielles, qui orientaient politiquement l’histoire. Or, hier, il ne s’agissait de voter qu’une résolution, sans autre valeur, que symbolique.

Allez, on arrête là. Ne dérangeons pas nos députés de droite, ils ont fort à faire en ce moment.Je ne sais pas si vous avez vu la nouvelle : il paraît que le Général veut quitter le commandement intégré de l’OTAN !

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