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Et si François Hollande n'avait finalement pas renié son discours du Bourget, par Stéphane Robert

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C'est ce que laisse sous-entendre Jean Christophe Cambadelis, le nouveau premier secrétaire du Parti Socialiste, invité hier de l'émission politique dominicale « le Grand Rendez-Vous ». Ce qu'il nous dit précisément, Jean Christophe Cambadelis, c'est qu'on a un peu trop mis en avant la fameuse déclaration de guerre du candidat Hollande : « Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance » …Et qu'on a oublié un autre partie du discours. Celle dans laquelle François Hollande cite l'aphorisme de Pierre Mendès France : « la vérité doit forcément guider nos pas » … « Je vous dois donc la vérité, avait dit le futur président, Je connais les contraintes financières, l'ampleur de nos déficits, la gravité de notre dette, la faiblesse de la croissance, la lourdeur de l'héritage qui nous sera légué. Je dois maîtriser sans rien renoncer les choses et d'abord le temps »... En clair, il annonçait la disette avant le retour du printemps...Et ce n'était pas une promesse en l'air. Car la disette, elle est là. Quant au printemps, il se fait encore un peu attendre. Mais il "arrive", promet le président. "Le retournement économique arrive", dit-il, cité par le Journal du Dimanche.Alors imaginons une seconde, que dans ce contexte, François Hollande, eh bien non, n'aurait pas renoncé à combattre son ennemi, le monde de la finance ...Le problème c'est que jusqu'ici, il n'avait pas les moyens de lutter. La France était dans un tel état de délabrement.Comment combattre des prédateurs sans frontières et sans scrupules capables de vous licencier 10 000 salariés d'un simple paraphe quand on dépend d'eux pour financer la dette du pays?. Il lui fallait donc se construire une armure, se faire un bouclier, recoudre sa cotte de maille, affuter son épée et donner à manger à son destrier pour qu'il prenne un peu de forces avant de partir à la bataille. C'est donc ce qu'il a fait, pendant 2 ans, d'abord en augmentant les impôts puis en décidant de baisser les charges des entreprises pour faire repartir l'économie...Le problème, c'est aussi que le 22 janvier 2012, au moment du discours du Bourget, il avait peu d'ennemis, François Hollande. Il en avait un : le monde de la finance. (enfin, il en avait 2, avec Nicolas Sarkozy). Mais depuis qu'il est président, les ennemis se sont multipliés. La croissance qui ne revient pas, le chômage qui continue de grimper, les sondages qui sont au plus bas, la petite Leonarda, et maintenant les députés socialistes qui doutent de lui!Et à force de voir des ennemis surgir d'un peu partout, il a perdu la boussole. C'est pour ça qu'il a du mal à tenir un cap. Il doit faire feu de tout bois, à droite, à gauche, au centre, à l'extrème droite (houla attention ça pique)...Imaginons une seconde qu'il en soit là, le chef de l'Etat, avec son grand dessein sous le bras, et plus personne ou presque qui ne le croit. "Mais enfin, il croit rêver. Mais enfin, on va le mener ce grand combat ! Seulement pour ça, il faut être prêt . Ca passe par un peu de dégraissage, eh bah oui, on ne part pas à la guerre avec de l'embonpoint" ... Alors est-ce lui qui rêve tout éveillé? est-ce les français qui ne se rendent pas compte de la réalité?En tous cas, il y a au moins un socialiste qui veut encore croire en ses rêves : le chanteur breton Miossec, interrogé en fin de semaine dernière sur une radio concurrente. "Des rêves, j'en ai toujours, disait-il d'un sourire malicieux. Que la finance devienne vraiment (l')ennemi" du président.Quand la réalité est un peu trop dure à supporter, on peut toujours rêver...

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