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France des centres et France des périphéries, par Frédéric Métézeau

2 min
À retrouver dans l'émission

Huit jours après les élections européennes, une analyse approfondie des résultats permet de dresser le portrait de deux France. Comme il y avait le rat des villes et le rat des champs il y existe la France des centres et la France des périphéries. Prenons deux exemples : à Bordeaux les électeurs ont voté FN à 11,5% cinquième derrière l'UMP, le PS, les Verts et l'UDI. Mais 50-60 km de là, dans le Médoc, le FN frôle les 40% à Lesparre et Pauillac. A Lille, emblême du socialisme municipal qui résiste, les écarts sont encore plus spectaculaires et sur des distances bien plus réduites avec un FN à plus de 50% dans certains quartiers de Lille-Sud et à moins de 10% dans le beau centre historique où les Verts sont en tête. Dimanche dernier partout en France, ce sont ces périphéries qui ont exprimé une colère en votant Front National.

Hier, le président du groupe PS à l'Assemblée National Bruno Le Roux a annoncé que François Hollande rencontrerait l'ensemble des parlementaires socialistes, à sa demande et à celle de son homologue au Sénat Didier Guillaume. Et que disait ce dernier la semaine dernière en réunion de groupe ? Selon nos informations, il a expliqué "qu'il y a des gens bien qui votent FN. Des bénévoles des restos du cœur, des associatifs, des adhérents de la FCPE qui souffrent d'un abandon généralisé et d'un sentiment de déclassement". Le propos a secoué mais il est remonté jusqu'à l'Elysée où François Hollande adhère à cette théorie des "délaissés".

Mais délaissés par qui et par quoi ?

Quel point commun entre ces périphéries qu'il s'agisse de quartiers populaires d'une grande ville, de ses banlieues lointaines ou d'une sous-préfectures très excentrée ? Toutes souffrent d'un sous-équipement en services publics de qualité (transports, pôle-emploi, hôpitaux) et de la rareté d'entreprises privées créatrices d'emplois (PME ou grands groupes) or aujourd'hui, François Hollande doit décider du tracé des futures 12 grandes régions françaises. Mais dans ce redécoupage ce ne sont ni leur nombre ni leur physionomie des régions qui compteront le plus, ce sont leurs compétences : une région pour quoi faire et pour faire comment ? Si ces 12 régions voient leurs métropole concentrer toujours plus de richesses et d'investissements publics et privés au risque d'assécher leur périphérie, alors ce sera un redécoupage pour presque rien, quelques milliards d'économies grâce à la suppression à terme de postes de fonctionnaires mais des centres toujours plus denses et prospères et des périphéries toujours plus loin et toujours plus désespérées.

Frédéric Métézeau

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