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François Hollande au pays du gaz de schiste

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On ne peut pas réduire les Etats-Unis au gaz de schiste, évidemment; mais enfin quand même, on a bien entendu hier, François Hollande, lors de sa conférence de presse commune avec Barack Obama, s’extasier sur la croissance économique américaine, forte, et portée, je cite, par “un coût de l’énergie bas”.

Bien sûr, le président français n’a pas expliqué pourquoi il est si bas, ce prix de l’énergie, mais sortir de Harvard n’est pas forcément requis : on comprend aisément qu’il y avait là, certainement, un message. Ou au moins, le signe d’une tentation. Puisque François Hollande n’a comme objectif que le retour de la croissance, peut-être finalement, pourrait-il être tenté d’enrichir un peu sa boîte à outil, pendant cette visite d’état. Et Laurent Fabius, au sein de la délégation française, ne sera pas le dernier, on l’a compris depuis ses récentes déclarations, à faire remarquer au chef de l’état, combien les nouvelles et imposantes ressources énergétiques dont disposent les Etats-Unis grâce aux gaz de schiste, sont précieuses en ces temps de crise, et en pleine compétition économique mondiale.

Car oui, peu à peu, sur une échelle de temps presque géologique, mais avec une inertie toute tectonique, les socialistes français semblent se faire à l’idée qu’il faudra bien remettre le sujet sur la table. Du moins ceux qui, comme le ministre des affaires étrangères, revendiquent ces temps ci au moins autant le progrès scientifique que le progrès social. Et c’est intéressant de les voir procéder, Arnaud Montebourg en tête. De les voir descendre, semaine après semaine, de plus en plus profond dans les couches plus ou moins sédimentées des arguments pro-gaz de schiste.

Ce sont des ressources immédiates. C’est de “l’indépendance énergétique brute”, qui est là, sous nos pieds. Les exploiter n’empêche pas le développement des énergies renouvelables (qui de toute façon sont plus lentes à mettre en place, plus onéreuses, et qui ne sont finalement rentables que sur le long terme). Et puis, rien ne coûte d’expérimenter de nouvelles méthodes, de chercher, peut-être d'explorer, pour… savoir !

En gros : la batterie d’arguments du Mefef, qui semble être désormais, pour le gouvernement, un partenaire plus important, et en tout cas plus influent, que les verts. Et pas besoin de se demander quelle technique sera employée pour la fracturation de la majorité si un jour le pas est franchi, si un jour François Hollande ose se ranger aux arguments des lobbyistes pro gaz de schiste : elle sera de toute façon du genre à laisser des traces.

Ce jour là, le gouvernement, en France n’aura plus d’écolos… Mais il aura du pétrôle !

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