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François Hollande pète les plombs, par Frédéric Métézeau

2 min
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C'est une façon de parler : François Hollande pète les plombs car nous nous trouvons dans une situation institutionnelle inédite : ce n'est plus le premier ministre qui joue le rôle de fusible du président, qui le protège, non c'est tout le contraire. Actuellement François Hollande joue le rôle de paratonnerre à colère, de fusible à mécontentement sauf que les plombs ont sauté.

On le voit par exemple avec la toute dernière étude TNS SOFRES pour le Figaro Magazine de cette fin de semaine : la cote de confiance du chef de l'Etat qui avait légèrement remonté après le remaniement est repartie à la baisse : 18% des Français font confiance à François Hollande quand 45% ont encore confiance en Manuel Valls.

Cette étude corrobore plusieurs autres sondages et une ministre ne comprend pas cette situation : "sincèrement, je m'attendais à ce qu'Hollande remonte nous dit-elle car ésormais il y a bien un président et un premier ministre. Hollande va se repositionner sur des grands dossiers, la place de la France dans le monde, l'Europe".

Ce retour à une pratique plus septennale" de la Vème République aurait donc dû donner de l'air au chef de l'Etat en même temps qu'il prenait de la hauteur alors pourquoi François Hollande canalise-t-il tant de mécontentement ? Un député socialiste influent à son idée : il y a eu l'affaire Morelle bien sûr qui concerne le premier cercle de François Hollande et puis, ce n'est pas une légende, dit-il, l'Elysée enferme alors quelle idée de promettre qu'il ne recevrait pas les parlementaires à l'Elysée, nous sommes ses relais les plus précieux avec les Français".

En privé, François Hollande explique que seule compte la baisse du chômage d'où cette confidence faite à des salariés de Michelin il y a 2 semaines : si le chômage ne recule pas pourquoi être candidat ? Ce qui veut aussi dire en creux que si le chômage baisse il sera le candidat naturel de la gauche. Mais sera-ce aussi évident si sa popularité et celle de Manuel Valls n'évoluent pas dans un sens plus favorable au chef de l'Etat ? Julien Dray, observateur avisé de la galaxie socialiste pose clairement la question d'une primaire en 2017. "Ce serait un bain de jouvence démocratique pour Hollande" ajoute un parlementaire socialiste.

Comme un électricien affairé sur son tableau de plombs, le fusible Hollande devra gérer 2 courants opposés : la nécessité de reprendre du champ et de la hauteur / et la nécessité de parler aux Français, de leur dire qu'il entend leur colère et leurs inquiétudes, de se remettre au niveau le plus terrien de la politique. Le fusible devra aussi faire prise de terre.

Frédéric Métézeau

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