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François Hollande sur les pas d'Henri IV ?

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C'était hier une de ces journées dont les militants se demandent ce qu’ils ont bien pu faire pour les mériter. Même si, c’est vrai, ceux de gauche, commencent à avoir le cuir épais. Le gouvernement a donc enterré la loi famille, et au lendemain de ce qui restera comme une des plus importantes reculades du quinquennat, on se demande toujours pourquoi !

La question n’étant pas de savoir si la piteuse excuse du “calendrier parlementaire chargé” a été difficile à trouver, mais plutôt : qui, des militants de la manif pour tous, ou de Manuel Valls a fait plier Jean-Marc Ayrault et François Hollande ?

Parce que c’est bien le ministre de l’intérieur qui a été le premier politique à relayer sans le dire, l’air de rien, les revendications de la manif pour tous de ce dimanche. Lui, qui a donné le tempo, et qui a contredit la ministre de la famille, Dominique Bertinotti, en expliquant, dès dimanche, qu’il n’était question, ni de PMA, ni de GPA. Ont suivi, toute la journée d’hier, polémiques et recadrages, déclarations désordonnées et rétropédalages (mêlée écroulée, dirait-on ici, à Pau !). Dans la droite ligne finalement, de ce qu’on a connu jusqu’à maintenant avec ce dossier. Pour mémoire, la Procréation Médicalement Assistée avait été accolée à la loi sur la famille par le gouvernement, qui voulait éviter un amendement de députés PS au moment du mariage pour tous, ça s’appelle gagner habilement du temps.

Pour en gagner encore plus, le comité national consultatif d’éthique, avait été saisi. Il va maintenant pouvoir consulter tranquille. Alors, pourquoi un tel renoncement ?

François Hollande révèlerait-il un petit côté Henri IV, capable de changer constamment de religion pour arriver à ses fins ? Ou bien a contrario, vit-il (autre référence locale, on n'est pas à Pau pour rien) la situation qu’avait connu François Bayrou au ministère de l’éducation nationale, quand il a tenté de revoir la loi Falloux, et qu'il avait dû reculer sous la pression de la rue ?

Quoi qu'il en soit, les effets de la décision d’hier seront néfastes pour lui, et pour le gouvernement. Ca va galvaniser les opposants au mariage pour tous, et au delà, les mouvements réactionnaires qu’on a vu prospérer ces derniers temps. Accessoirement, ça va donner de l’espoir au mouvement de lutte contre la politique fiscale, qui manifeste samedi à Paris. Ca va démobiliser, voire désespérer, à gauche. Ca va renforcer encore le procès en indécision qui est fait sans cesse au Président de la République. En montrant le peu de courage dont peut-être capable une majorité qui a pourtant tous les pouvoirs, ça va accentuer la coupure entre politiques et citoyens, et probablement favoriser l’abstention aux prochaines élections.

Et puis, c’est loin d’être un détail, ça va renforcer encore la position de Manuel Valls au sein de ce gouvernement. Ce qui mine de rien, va commencer à être un vrai problème pour François Hollande.

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