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Hollande et l'inversion de la courbe de Jospin

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Le chômage est encore en hausse en France, pour le troisième mois consécutif. Les chiffres de janvier ont été publiés hier, et l’exécutif a de nouveau modifié sa communication sur le sujet.

Du coup, finalement, François Hollande et Michel Sapin auront tenté tout ce qu’il est possible de tenter (en terme de communication au moins), pour faire face à cette hausse du chômage. En s’inspirant tour à tour, de bon nombre de leurs prédécesseurs.

Ils auront eu leur période Sarkozy : vous en souvenez, c’était à l’automne dernier, quand tout le monde sauf eux commençait à voir venir l’échec de l’inversion de la courbe du chômage. François Hollande, grand adepte de la méthode Coué, parlait de baisse “amorcée”. Et son ministre du travail, “d’inversion engagée” (à condition de regarder les chiffres trimestriels, et non pas mensuels, c’était la subtilité). Tout ça, dans l’embrouillamini, faisait penser très fort à la “baisse tendancielle de l’augmentation” du chômage : géniale trouvaille en son temps, de vous savez qui.

On a assisté également au recyclage de la méthode Mitterrand : avec cette boîte à outils hollandaise, qui était censée être complète dès l’an dernier, dont il fallait attendre les effets, mais qui pouvait rappeler par certains côtés le calamiteux “on a tout essayé”, sorti par un Mitterrand en bout de course, en 93. Malheureusement pour le gouvernement, cette boîte à outils, à base d’emplois aidés et de CICE, a aussi peu fonctionné que la communication fabriquée autour, a convaincu.

Du coup, c’est un peu comme si on voulait s’inspirer désormais du vainqueur de 93 : Edouard Balladur, qui voulait une “mobilisation nationale” contre le chômage à son arrivée à Matignon? C’est exactement le terme que Michel Sapin a employé hier : “mobilisation nationale”, évidemment, cette fois autour du pacte de responsabilité.

Et alors, là, c’est signé Hollande !

On verra si la négociation fonctionne, et si le pacte peut donner des résultats. Mais quoi qu’il en soit, la stratégie politique mise en place est bien plus fine que toutes celles tentées par les gouvernements précédents. L’idée étant de ne surtout pas rester seul dans la galère. De faire monter à bord les partenaires sociaux, pour les rendre évidemment co-responsables de ce qui arrivera.

Ca s’accompagne d’une communication qui reprend en compte le long terme : plus question de regarder les chiffres mois par mois : Sapin fixe l’objectif 2015. Hollande lui, ne devrait pas tarder à évoquer 2017. Avec cette idée en tête que quoi qu’il arrive d’ici la fin du quinquennat, le chômage finira bien par redescendre.

A ce moment là, il sera alors tout à fait temps de reprendre la communication de court terme, et d’exploiter une sorte “d’effet Jospin renversé”. L’ancier premier ministre entre 97 et 2002, avait bénéficié de très bons chiffres, d’une très bonne courbe, sauf la dernière année : et il l’avait payé cher.

Alors, c’est peut-être ça que vise maintenant François Hollande : une sorte d’inversion de la courbe de Jospin…

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