LE DIRECT
PHOTOPQR/LA NOUVELLE REPUBLIQUE ; PHOTOPQR/ LA NOUVELLE REPUBLIQUE / JEROME DUTA

Il faut encore instruire le cas Jacqueline Sauvage

2 min
À retrouver dans l'émission

L'émotion suscitée dans la classe politique par le cas de Jacqueline Sauvage ne doit pas retomber.

PHOTOPQR/LA NOUVELLE REPUBLIQUE ; PHOTOPQR/ LA NOUVELLE REPUBLIQUE / JEROME DUTA
PHOTOPQR/LA NOUVELLE REPUBLIQUE ; PHOTOPQR/ LA NOUVELLE REPUBLIQUE / JEROME DUTA Crédits : PHOTOPQR/LA NOUVELLE REPUBLIQUE - Maxppp

Tout le monde ou presque ce matin se réjouit, probablement à juste titre, de la grâce présidentielle accordée par François Hollande à Jacqueline Sauvage. Femme battue, violée et soumise pendant quarante-sept ans à un mari violent, Jacqueline Sauvage a été condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son tortionnaire, et dans les commentaires autour de l’affaire, on a souvent entendu parler ces dernières semaines, d’une "double peine" infligée à cette femme.

De fait, après la décision du chef de l’État, il faut se demander quelle Jacqueline Sauvage a finalement été graciée hier ? Et surtout quelle Jacqueline Sauvage a suscité cette émotion générale et unanime, très rare, dans la classe politique française ? Est-ce la femme emprisonnée pour avoir tué, le jour où elle a osé se défendre, ou se venger ? Cette femme là représente un cas unique. Ou est-ce, derrière elle, la figure de la simple et silencieuse victime de violences conjugales insupportables et répétées qui a suscité l'émotion ?

Ce mouvement de solidarité s'explique par l'ensemble de l'histoire

Mais observons quand même l’incroyable rapidité avec laquelle les politiques de tous bords ont réagi à cette affaire, et à l’émotion qu’elle a suscité en France. En quelques semaines, de Jean-Luc Mélenchon à Robert Ménard, très nombreux sont ceux qui n’ont pas hésité à remettre en cause deux décisions de justice, prises par deux jurys populaires, en cour d’assises, et à prendre fait et cause pour Jacqueline Sauvage. Montrant par là une incroyable capacité à instruire et à ficeler un dossier probablement bien plus complexe qu’il n’y paraît.

Et ce alors même que, constatons le, le sujet des violences conjugales n’est pas un sujet pris véritablement à bras le corps par les responsables politiques de ce pays, qui jamais, ensemble, n’ont remué ciel et terre pour faire en sorte de venir en aide plus efficacement aux femmes battues (on recense toujours plus de 200.000 par an), et dont 16% seulement portent plainte, d’après les chiffres du ministère des affaires sociales.

Cette “affaire” là, effectivement, reste à instruire. Il serait bon qu’elle ne soit pas de nouveau oubliée, balayée par la dictature de l’émotion, en attendant un prochain cas emblématique. Il serait bon qu’une vraie mobilisation politique, au-delà des clivages comme celle qu’on vient de voir, se mette en place pour que de véritables mesures de prévention, de soutien psychologique, et de formation des secours soient prises. Quelques unes des conditions pour qu’un espoir de grâce soit donné à des dizaines de milliers de femmes.

Chroniques

8H18
23 min

L'Invité des Matins (2ème partie)

Crise agricole : une histoire sans fin ? (deuxième partie)
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......