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Intermittence de gauche...

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Il est question ce matin des artistes, et des techniciens du spectacle. Ces quelques 100.000 travailleurs précaires, à qui il est reproché périodiquement d’être… précaires. C’est vrai que s’ils pouvaient avoir la décence de travailler toute l’année à leur spectacle, ou avoir la présence d’esprit de programmer par exemple des représentations tous les jours ouvrés de l’année civile, ils coûteraient largement moins cher à la société.

Aujourd’hui, les intermittents vont se réunir un peu partout en France, lors d’Assemblées Générales, pour discuter de leur préavis de grève national, qui court jusqu’au 30 juin. Doivent-il faire confiance aux derniers signaux envoyés par le gouvernement ? Lever l’appel à la grève ? Et prendre le risque au final de voir leur statut encore un peu raboté par l’entrée en vigueur de l’accord du 22 mars sur l’assurance chômage ? Ou bien doivent-ils persévérer dans l’affrontement, au risque de mettre en danger de nombreux festivals, comme celui du “printemps des comédiens”, à Montpellier, qui est déjà en grande difficulté (Montpeller où d’ailleurs, la grève a déjà été reconduite, pour 48 heures) ? Le risque, au final, c’est de tuer les rendez-vous culturels les plus fragiles, et de ravager tout un pan de l’économie locale des régions touristiques.

Et entre les tenants de ces deux positions, le débat est vif. Mais finalement, la question à laquelle les intermittents auront à répondre aujourd’hui, lors de ces AG, est très politique. Et on pourrait la formuler ainsi : “la gauche quand elle est au pouvoir est-elle digne de la confiance du monde culturel ?”. Le député Jean-Patrick Gille, nommé médiateur par Manuel Valls pour prendre en main le dossier et faire des propositions, a été plutôt bien accueilli par le monde du spectacle : il est jugé crédible, et bon connaisseur du dossier. Mais la question n’est pas de savoir s’il saura régler le malentendu. Elle n’est plus de savoir s’il aura les mains libres pour négocier, puisque ce sera le cas probablement : le gouvernement veut jouer l’apaisement, et ne prendra pas le risque de voir le scénario noir de l’été 2003 se reproduire.

Non, la question, c’est de savoir s’il peut se trouver enfin une voix forte, au sein de l’exécutif, au plus haut niveau, qui dise clairement que la culture, c’est important même quand ce n'est pas rentable. Qui assume politiquement de ne pas vouloir faire des économies de bout de chandelle sur le dos des précaires du spectacle quand périodiquement le Medef le demande. Qui ose, comme Michel Sapin l’avait fait d’ailleurs, renier le terme de “déficit du régime” des intermittents. Et qui ne se contredise pas entre le moment où elle est dans l’opposition, et le moment où elle est au pouvoir.

En bref, la gauche, quand elle est sur scène, est-elle capable, parfois, de jouer sa propre partition ?

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