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La ligne brisée des Républicains

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À retrouver dans l'émission

Les républicains vont-ils pouvoir trouver une position commune sur la réforme constitutionnelle voulue par le gouvernement ?

C’est tout l’enjeu du bureau politique qui va se tenir aujourd’hui, rue de Vaugirard à Paris. Enjeu primordial pour le parti de Nicolas Sarkozy, qui doit continuer à s’opposer, sans toutefois renier des mesures qu’il a longtemps appelé de ses voeux : la déchéance de nationalité et l’état d’urgence constitutionnalisés. Et puis ce projet de loi de réforme pénale dont on commence à avoir les détails. Projet très sévère, très droitier, qui met encore un peu plus de côté l’autorité judiciaire.

Les Républicains rêvaient d’une mise à l’écart de Christiane Taubira, le gouvernement l’a déjà fait, en désavouant la garde des sceaux sur la réforme constitutionnelle. Il continue donc en inscrivant en quelque sorte cette mise à l’écart dans la loi.

Mais comment réagir face à tant de cadeaux empoisonnés ? Comment réagir quand on se fait trianguler ? Vous connaissez le principe de la triangulation en politique : c’est quand on pique les idées de l’adversaire pour mieux le piéger.

Et le mieux, pour répondre à la triangulation, c'est d'avoir une ligne.

Oui, la politique parfois a cette saveur toute géométrique, et on se souvient ce matin de la mise en scène de Cosmopolis, film de David Cronenberg, vous savez quand le héros, ce golden boy, voit son monde s’effondrer à la faveur d’une traversée de Manhattan en limousine.

Alors comment Nicolas Sarkozy peut-il tenir un parti segmenté ? Peut-il dessiner des perspectives, alors que tout le monde trace son propre sillon ?

Il y a Bruno Le Maire, qui veut s'aligner, en votant la réforme. Patrick Devedjian, obtu, qui refuse au carré. François Fillon, sur une position plus sinusoïdale, qui ne sait pas encore. Il y a Nadine Morano aussi, dans son monde parallèle, qui veut étendre la déchéance de la nationalité aux femmes en burka.

On le voit, ce ne sera pas facile de trouver un angle d’attaque, de se mettre d’accord sur les propositions d’amendements au projet de réforme constitutionnelle qui pourraient conditionner un vote des Républicains au Congrès. Ce sera d'autant moins facile que le Conseil National voulu par Nicolas Sarkozy sur la ligne du parti n’aura lieu qu’à la mi-février. C’est loin.

Si loin qu’Alain Juppé a décidé de ne pas attendre. Le maire de Bordeaux, principal adversaire de Nicolas Sarkozy en vue de la primaire, publie ce matin même son deuxième livre-programme, “Pour un état fort”. C’est l’apex, le sommet d’une rentrée politique réussie. Qui lui permet de prendre la tangente.

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