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Le changement, c'est encore une fois maintenant, par Stéphane Robert

2 min
À retrouver dans l'émission

Vous n'êtes pas sans savoir que François Hollande sera ce matin, à partir de 8h30, l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV. Ce rendez-vous médiatique a de quoi surprendre à première vue. En tous cas, c'est une première depuis 2 ans. On n'est pas dans une allocution du président avec tout le cérémoniel du nouvel an ou du 14 juillet. Non, c'est l'anniversaire de son élection et à cette occasion il se prête au même exercice que n'importe quel autre homme politique : une interview en direct sur un média national à une heure de grande écoute avec les questions des auditeurs qui s'ensuivent. Quelle mouche l'a donc piqué?Déjà, il répond à la promesse qu'il avait faite à Jean-Jacques Bourdin de venir le voir " en tant que chef de l'Etat " . Et il montre par là qu'il n'est pas un menteur et qu'il tient au moins cette promesse là. Mais au delà de ça, François Hollande a en réalité fait un terrible constat à l'occasion des élections municipales. Il est persuadé de faire tout ce qu'il faut pour redresser la France. Et que ça va payer, l'année prochaine, ou en 2016, en tous cas d'ici la fin du quinquennat. Or ça, les français ne le voient pas, ne le comprennent pas! Et pourquoi? Parce qu'il ne le leur a pas expliqué. Parce qu'il a négligé un aspect qui lui apparait aujourd'hui essentiel : sa communication. Il y a eu tous ces couacs à répétition, notamment l'affaire Léonarda. Et puis le président a sans doute lu, attentivement, l'ouvrage de Denis Pingaud sorti à l'automne dernier : « François Hollande … l'Homme sans com' ». Et il y a vu l'explication chirurgicale de son échec dans l'opinion.Or que nous dit Denis Pingaud?Que François Hollande, en héritier de la gauche progressiste du 20ème siècle, estime qu'on n'a pas besoin de « vendre » au peuple une politique, mais de la mettre en œuvre pour accompagner l'aspiration au changement. Et que dans ces conditions, la communication n'est pas une priorité de l'exercice du pouvoir. En cela, il est l'antithèse de Nicolas Sarkozy.Et puis surtout, Denis Pingaud nous dit qu'il est un homme de synthèse, qui préfère les compromis qui durent aux querelles fugaces. Un homme qui mise sur le temps long. Le problème, c'est que l'opinion vit, elle, sur le temps court, dans le rythme frénétique dicté par l'agitation médiatique. Il y a donc un décrochage! Et c'est sans doute à la lumière de cette analyse qu'il faut comprendre la décision de François Hollande d'aller ce matin chez Jean-Jacques Bourdin. Et c'est dans la droite ligne du remaniement ministériel. il a mis un communicant à Matignon, Manuel Valls, et il s'en va parler aux français pour essayer de reconquérir l'opinion. Et pour ça, il s'en va où? sur BFM. Le média qui aujourd'hui donne le tempo médiatique. BFM, que beaucoup chez les socialistes et dans l'entourage du président surnomment "BFN", le grand satan. François Hollande chez Bourdin ce matin, c'est en quelque sorte le Christ qui s'en va essayer de convaincre Ponce Pilate de changer l'histoire. Seulement, est-ce possible? Est-ce qu'il n'est pas trop tard? Est-ce que François Hollande n'est pas déjà en train de gravir le mont du Golgotha, avec sa croix sur le dos? ...

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