LE DIRECT

Le Front de Gauche d'une européenne à l'autre

2 min
À retrouver dans l'émission

De toutes les formations politiques françaises engagées dans l’élection européenne cette année, le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent est probablement celle qui a le plus à perdre dans la bataille. Celle qui a le moins le droit au faux pas. En réalité, l’histoire de ce parti, sa nature, et le contexte actuel l’oblige à sortir par le haut de ce scrutin, ou au moins à ne pas trop décevoir, sous peine de risquer la désintégration pure et simple.

Il faut se souvenir de la création du Front de Gauche, dans les lendemains du référendum européen de 2005, et dans la perspective des élections de 2009 : l’attelage avait été plutôt bien lancé, avec un honorable score, pour une première, de 6% (étiage moyen faible). Du coup, si d’aventure, dimanche soir, cette barre n’était pas franchie, la comparaison serait difficile, et le retour de bâton, difficilement supportable. Or les sondages donnent le Front de Gauche aux alentours de 7 à 8 % actuellement, sans grande dynamique : c’est plus que 6, mais c’est bien loin des 12% que Jean-Luc Mélenchon s’autorise parfois à imaginer, dans ses meetings et ses interviews.

Il faut dire que la campagne est difficile. Au delà des tensions toujours vives, depuis les municipales, entre le Parti de Gauche et le Parti Communiste, le Front de Gauche est plus divisé, sur l’Europe, qu’il n’y paraît. Les efforts que fournit Pierre Laurent en se disant sans cesse “européen convaincu” cachent mal les prises de position plus radicales de Jean-Luc Mélenchon, qui ne croit que moyennement à la possibilité de réformer l’Europe, et qui en 2012, portait un programme qui aurait été synonyme, pour la France, de sortie de l’Europe.

Mais dans un contexte de crise et d’austérité, au moment où la politique du gouvernement est rejetée comme jamais, et qu’une forte demande de gauche reste insatisfaite dans ce pays, le Front de Gauche n’a pas le droit de manquer l’occasion. S’il veut pouvoir envisager un avenir au Parlement de Bruxelles, au sein du Parti de la Gauche Européenne. Et s’il veut un avenir politique en France, il lui faut dépasser la barre des 10%. En dessous, il n’aurait pas d’assurance défaite : les tensions se feraient de nouveau jour, et les règlements de compte reprendraient de plus belle. Un peu comme du temps où, en pleine campagne municipale, Jean-Luc Mélenchon suspendait sa participation au Parti de la Gauche Européenne, pour tenter de bloquer la réélection à sa tête... de Pierre Laurent.

Depuis, on compte sur les doigts d’une main, les apparitions des deux co-présidents ensemble. Et en interne, jamais les accusations d’hyper-personnalisation n’ont cessé à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon. Tout récemment encore sur RFI, le député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne le regretttait amèrement. D’un autre côté, les communistes sont toujours soupçonnés d’être des sociaux-traitres, en raison de leurs accords avec le PS. Bref : soit un bon score dimanche, aide à surmonter ces difficultés. Soit un mauvais score fait ressortir les couteaux. Au Front de Gauche, le décollage, c'est maintenant, ou jamais.

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......