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Le social-réformisme n'est pas une idée neuve

2 min
À retrouver dans l'émission

Une histoire économique du PS

Maxppp

Hier, Manuel Valls s’est une nouvelle fois prévalu de ce courant, de cette philosophie, le social-libéralisme, qu’il avait présentée, en septembre dernier, comme une “volonté de se confronter au réel, et d'agir plutôt que de céder à la facilité des postures”. Comme une façon de continuer à inscrire la gauche dans la mondialisation, et dans une certaine modernité.

Mais hier, au moment de recevoir le rapport de Robert Badinter sur la réforme du code du travail, qui va sanctuariser quelques principes de base, tout en ouvrant la porte au déverrouillage des 35 heures, Manuel Valls a, dans le même temps, désavoué son ministre de l’économie Emmanuel Macron, qui manifestement avait poussé le bouchon un peu trop loin... sur les 35 heures !

Alors, assiste-t-on là à une nouvelle “improvisation” du gouvernement, de celles qu’à récemment dénoncé Thomas Piketty ? Ou bien à la subsistance du vieux combat, chez les socialistes, entre politique et économie. Autrement dit : est-ce la ligne économique qui doit déterminer la politique, ou les intérêts stratégiques qui doivent conduire la politique économique ?

C'est un débat ancien au Parti Socialiste

C’est ce qu’explique Mathieu Fulla, dans un ouvrage passionnant, paru ces jours-ci aux presses de Sciences-Po : “Les socialistes français et l’économie, une histoire économique du politique (1944-1981)”.

Cette histoire est aussi complexe que longue, qui montre que tout se joue, tout au long du XXème siècle, dans l’équilibre entre, “l’idéologie officielle des partis socialistes et les cultures économiques diffusées en leur sein par leurs experts”. Et Mathieu Fulla d’analyser jusqu’à la composition des cabinets ministériels de gauche, pour comprendre comment la pente vers le socialisme de l’offre a peu à peu été prise, sans vraiment de virage, ni de tournant politique. 

L'auteur revient notamment sur ce qu’on a appelé le tournant de la rigueur en 83, et explique que les choses ne se sont pas faites en 10 jours dans le bureau d’un François Mitterrand subitement confronté à la réalité, mais bien plus tôt. La preuve ? On ne trouvait pas beaucoup de chevènementistes, ni aucun vainqueur du congrès de Metz, dans les cabinets Mauroy ou Delors. On y trouvait plutôt Jean Peyrelevade, Daniel Lebègue, ou encore Pascal Lamy : pas franchement d’imprudents keynésiens, d’après Mathieu Fulla.

Plutôt qu’à un virage économique, on assiste donc plutôt, en 83, à une sorte de mise en application de politiques déjà anticipées, dès les années 70. Tout ça renvoyant à l'histoire économique du Parti Socialiste.

Quant au social-réformisme de Manuel Valls, sans pousser aussi loin l'analyse, constatons tout de même qu’en mai 2012, quelques semaines seulement après le discours du Bourget, le principal conseiller économique de François Hollande qui s’installait à l’Elysée s’appelait Emmanuel Macron.

Chroniques

8H18
25 min

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