LE DIRECT

Les élections européennes à l'heure du GMT, Grand Marché Transatlantique

2 min
À retrouver dans l'émission

Lancées l’an denier, les négociations sur la création d’un « Grand Marché Transatlantique », ou GMT, doivent se conclure l’an prochain. Et qu’une élection européenne vienne en perturber le cours tranquille et opaque est une véritable chance. D’abord parce que la campagne pour les élections européennes, qui débute officiellement aujourd’hui, permet d’allumer la lumière, et d’éclairer dans les coins ces négociations quasiment mystérieuses (sauf pour les agents de la NSA, qui nous surveillent en permanence, et qui sont certainement mieux informés que les députés européens eux-mêmes de l’avancée des discussions). L’idée, rappelons-le, c’est de créer la plus grande zone de libre-échange au monde, qui porterait sur la moitié du PIB de la planète.

Autre intérêt de cette situation : ça dramatise l’enjeu des élections. Si le PSE et le PPE, les deux grands groupes politiques du parlement européen, essayent d’escamoter le sujet, puisqu’ils sont favorables au traité, tous les autres ont là un thème de campagne idéal. Un exemple rêvé à mettre en avant pour attirer l’attention des électeurs, et pour cliver.

A l’extrême droite, on fustige cette Europe qui se couche devant l’impérialisme américain. Chez tous les eurosceptiques, le GMT permet d’entonner de jolis couplets sur la souveraineté, et sur le fonctionnement des institutions européennes. Et pour la gauche radicale, c’est une occasion parfaite de dénoncer l’esprit ultra-libéral qui préside à ces négociations. Tout ça, c’est de bonne guerre. Et c’est surtout parfaitement justifié, tant ce projet de GMT est représentatif de certaines des pires dérives de l’Union Européenne.

L’opacité, on l’a vu - ou plutôt, on ne l’a pas vu - la priorité donnée aux marchés, au détriment de l’intérêt général (il faut savoir que les négociations prévoient la mise en place de tribunaux arbitraux supranationaux, qui seraient chargés de régler les litiges entre multinationales et états, ce qui limiterait de fait le pouvoir réglementaire de ces derniers.

Et puis, ces négociations illustrent aussi le déficit démocratique dont souffre l’Union Européenne. Et c’est là que le mal est au service du bien, dans cette histoire, comme ça arrive parfois. A la fin des négociations en effet, si elles aboutissent, ce sont les députés européens qui devront se prononcer. Et ratifier le Grand Marché Transatlantique. Ou pas, comme ça s’était passé pour le traité anti-contrefaçons ACTA, en 2012.

Et voilà : raison de plus pour aller voter; et choisir une liste aussi en fonction de sa position sur le traité. Les députés auront pouvoir de rejeter le texte. En même temps qu’ils pourront éviter de donner d’autres mandats de négociations comme celui là à l’avenir, à la commission.

Alors oui, finalement, cette négociation secrète est une bonne chose pour l’Europe, à condition bien sûr que les électeurs soient à l’heure, le 25 mai, au rendez-vous du GMT !

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......