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L'Europe, le vote, et les enjeux numériques

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Les enjeux liés au numérique sont au coeur de l’avenir européen, et pourtant, on n’en parle pas beaucoup, dans cette campagne. Peut-être un bug ! Souveraineté des données, neutralité du net, protection de la vie privée, brevetabilité des logiciels, cyber sécurité, économie numérique, open data... Tous ces sujets sont cruciaux, ils impliquent notre avenir, et ne sont évidemment pas des sujets distints, ou qui se trouveraient quelque part en marge des autres politiques. Non, ils sont transversaux, intégrés à la politique, et intimement liés à la démocratie.

Quand on discute du projet d’accord entre l’Union Européenne et les Etats-Unis sur le Grand Marché Transatlantique, par exemple, on parle aussi de “circulation des données”, et de “cybersécurité”. D’ailleurs, si la démocratie était un peu plus “liquide”, comme le demandent les promoteurs d’un système à mi chemin entre démocratie représentative et démocratie participative, on y verrait bien plus clair dans ces négociations sur le TTIP, qui pourraient du coup être suivies, par les citoyens.

Alors, comment sont traités et représentés ces enjeux, dans l’actuelle campagne européenne ? Il y a pour la première fois, dans six circonscriptions françaises, des listes présentées par le Parti Pirate, qui s’est fait une spécialité de ces questions. Il est très en pointe, et propose une “Europe des citoyens basée sur le partage et la coopération". Ses candidats maîtrisent leur sujet, en ce qui concerne la réforme du droit d’auteur, et du droit des brevets. Le problème, avec le Parti Pirate, est un peu le pendant de sa force : il est finalement trop spécialisé sur ces questions, et au niveau de la crise ukrainienne, par exemple, ou en ce qui concerne la gouvernance de la BCE, il n’a pas grand chose à dire.

Les verts sont aussi, traditionnellement, engagés sur ces questions numériques. Ils sont les seuls par exemple, avec les candidats UDI-MODEM, à faire clairement campagne pour la neutralité du net. C’est ce qui permet un égal accès à tous, partout, et tout le temps, aux tuyaux d’internet, et qui permet de lutter contre toute forme de censure, ou de cloisonnement du net. Et c’est d’actualité : après avoir été réaffirmée par le parlement récemment, la neutralité du net sera prochainement en discussion au conseil européen.

Pour le reste, à part le FN qui passe tout à fait à côté des enjeux numériques, on sent bien quelques efforts des partis politiques : tout le monde crie haut et fort qu’il faut protéger les données personnelles, c’est bien, c’est l’effet NSA-Snowden, et effectivement, c’est un minimum. Mais c’est un peu court. Les enjeux du numérique, à côté des discussions sur Schengen, sur l’euro, sur l’élargissement, et sur la dette, ne pèsent pas lourd. Dommage.

On pourrait pourtant aborder des sujets très précis : tiens, exemple : le vote électronique. Un rapport du Sénat, le mois dernier, mettait en garde assez clairement contre sa généralisation. Les machines de vote et le vote en ligne ne fournissent pas toutes les garanties, écrivent les rapporteurs, pour assurer à la fois le secret et la sincérité du vote. Il y a là un gros chantier, et de vrais questionnements.

Dimanche, pourtant, un peu plus d’un million d’électeurs français vont voter sur des machines, dont on n'est pas sûr.

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