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L'Europe mérite bien une campagne

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Après la séquence "municipales", il nous faut maintenant, très vite, changer de focale, pour considérer l’Europe. Et il nous faut une campagne électorale. Dans sept semaines maintenant, les électeurs devront faire des choix majeurs : entre une Europe libérale, et une Europe sociale. Une Europe qui poursuit sa construction, ou qui délaisse l’Euro. Une Europe, qui peut permettre à un pays (la France, exemple au hasard), de disposer d’un délai supplémentaire pour réguler ses déficits, et faire un peu de relance, ou une Europe intransigeante.

Il faudra dire aussi, à l’occasion des élections européennes, s’il est souhaitable de rendre plus démocratique le fonctionnement des institutions, ou si la négociation, en secret, d’un traité de libre-échange très engageant, avec les Etats-Unis, est une bonne chose. Dire si on préfère l’Europe bienveillante avec les OGM, ou celle qui vient de réaffirmer la neutralité du net, via le Parlement, hier. Dire si on veut une Europe financièrement, budgétairement, fiscalement, unie, ou une Europe des paradis fiscaux. Et puis : faut-il qu’elle soit militairement capable… ou pas ?

Toutes ces questions, tous ces enjeux : sociaux, environnementaux, économiques, démocratiques sont interconnectés, et ils nous concernent de près. Mais il faut bien reconnaître qu’il sont compliqués à appréhender. Que ces choix sont difficiles à traduire en bulletin de vote. D’autant que les clivages politiques nationaux ne sont pas les clivages politiques européens.

Alors si on veut mobiliser les électeurs (qui ont déjà eu du mal à se déplacer pour choisir leur maire). Si on veut une Europe qui corresponde à des choix, et pas une Europe en négatif, ou, pire, une négation de l’Europe, il faut poser les enjeux : politiser l’Europe, dans le bon sens du terme, et il nous faut une campagne électorale !

Des formations émergentes ont déjà commencé, dans l’ombre des grands médias, comme la Nouvelle Donne de Pierre Larrouturou. Les Verts aussi, qui proposent un “New Deal Ecolo” assez lisible. Le Parti Socialiste, lui, a lance un site qui a le mérite de la clarté, choisirnotreeurope.fr. Mais, avec le PSE, il doit aller plus loin, en expliquant par exemple, quelles sont les différences profondes entre son candidat à la présidence de la commission, Martin Schultz, et le concurrent conservateur Jean-Claude Juncker.

Quant aux autres formations, elles doivent tout simplement commencer leur campagne. Le Front de Gauche a bien du mal, une nouvelle fois empêtré dans les bisbilles entre PC et Parti de Gauche. L'UMP aussi, a du retard à l’allumage, qui n’a tout simplement pas de programme. Et qui offre le spectacle d’un Henri Guaino par exemple, expliquant hier qu’il ne voterait pas pour Alain Lamassoure, tête de liste UMP en Ile de France. C’est un conflit personnel. Et ça éclaire le climat en vue des européennes, à l’UMP. Où on confond faire campagne… Et foire d’empoigne.

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