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L'UMP dans le vague européen

2 min
À retrouver dans l'émission

A tout juste un mois des élections européennes du 25 mai, une constatation doit nous interpeller, et nous interroger : en France, les deux partis qui sont placés en tête des intentions de vote par les instituts de sondage pour ce scrutin, sont les deux seules formations qui n'ont pas de véritable programme pour l’Europe. Dans un cas (en ce qui concerne le Front National), c’est parfaitement intentionnel. Dans l’autre cas, celui qui nous intéresse ce matin, à l’UMP, c’est par défaut, en raison du fait que personne, dans le premier parti de France, n’est d’accord sur rien.

Il n'y a aucune ligne commune et trop de désaccords, sur les enjeux de cette élection, et sur l’avenir européen. C'set grave, parce que ça veut dire que les électeurs qui s’apprêtent à voter UMP, vont le faire, à l'aveugle, sans trop savoir ce que les futurs élus feront de leur bulletin.

Et ce n’est pas le texte commun de deux pages, signé la semaine dernière par les candidats, qui permet d’y voir plus clair. Cette (vague) déclaration d’intentions n’a vraiment rien d’une plateforme programmatique. Elle enchaîne les idées plates. On y lit par exemple qu’il faut que l’Europe “fasse respecter ses frontières” et “lutte contre la bureaucratie”… qu’elle doit “offrir plus de perspectives à celles et ceux qui veulent créer” . Autre citation : “à l’UMP nous faisons le choix d’une Europe qui passe à l’action”. Cette profession de non-foi appelle plus les électeurs à sanctionner de nouveau François Hollande, qu’elle ne donne corps à une vision de l’Union.

On verra si le projet présenté aujourd’hui par Jean-François Copé sera plus précis. Et s’il reprend en particulier l’idée de notre invité ce matin : Laurent Wauquiez, qui dans son livre “Europe : il faut tout changer” (Odile Jacob), demande le retour à une Europe des 6, et des coopérations à géométrie variable.

Tout ça n'est pas nouveau. Le positionnement européen est un des graves problèmes de l’UMP depuis sa création. Mais les lignes de fracture semblent évoluer ces dernières années. Au traditionnel clivage eurosceptiques / fédéralistes, s’en sont substitués d’autres, plus nombreux, plus subtils (un peu comme si le débat européen était une bombe à fragmentation à l’intérieur de l’UMP). Il y a les soutiens de “l’Europe Merkozy”, et les autres, comme Xavier Bertrand, qui pense que le couple franco-allemand ne doit plus être le moteur de l’Europe. Il y a les partisans de l’euro et les autres. Les opposants à Schengen et leurs adversaires. Il y a aussi Henri Guaino, qui a dit qu’il ne voterait pas pour Alain Lamassoure, et Rachida Dati qui le soutient, alors qu’elle est n°2 sur la liste en question. Bref, on n’y comprend plus rien.

Et en attendant une hypothétique sortie de Nicolas Sarkozy, réclamée récemment, demandée avec insistance, par François Baroin et Bernard Accoyer, l’UMP va devoir faire campagne sans chef incontesté... Sans ligne. Et sans argent.

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