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L'UMP dans les brumes suisses

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Les électeurs Suisses nous rappellent ces jours-ci que rien n'est jamais simple en Europe, et que rien n'est jamais simple non plus... à l'UMP. Les résultats de la votation suisse, organisée par l'UDC sur “l’immigration de masse”, qui aboutira à terme au rétablissement des quotas migratoires chez les Helvètes, ont donné l’occasion aux différents responsables de l’UMP de faire entendre clairement leurs divergences, sur l’Europe. Ce qui, à trois mois maintenant des élections européennes, est une sacrée performance.

Chacun, sur son versant de la vallée, et à plus ou moins haute altitude, y va de son analyse depuis hier : il y a ceux qui disent regretter, plus ou moins clairement, plus ou moins amèrement, ce résultat. Valérie Pécresse, par exemple, députée des Yvelines, qui demande une réaction de l’Europe, face à cette Suisse, qui ne peut pas “vouloir le beurre et l’argent du beurre”.

Et puis il y a ceux à qui ce retour des quotas migratoires ne pose aucun problème : c’est le cas de François Fillon, qui trouve le résultat de ce vote “parfaitement normal”. Pour l’ancien premier ministre, c’est un peu comme si la Suisse montrait la voie. Et il ne faut pas que cette position étonne : elle est au contraire parfaitement cohérente. A la fois avec une certaine droitisation observée depuis quelque temps chez François Fillon, qui, accessoirement, il faut s’en souvenir, avait voté non à Maastricht. Et à la fois avec le point de vue eurosceptique d’une partie grandissante des cadres de l’UMP.

Laurent Wauquiez en tête, certains quadras n’hésitent plus dans leurs discours, à parler du retour des frontières… A remettre en cause Schengen… A invoquer la civilisation européenne, qui serait menacée par l’immigration. Ce qui ne veut pas dire, évidemment, que les fédéralistes, et plus largement les “europhiles convaincus” de l’UMP ont déserté la vallée. Et d'ailleurs, c’est à s’y méprendre : hier, dans les brumes suisses qui tardaient à se dissiper, on aurait juré voir Jean-François Copé, lui-même, se faire leur porte-étendard.

Oui, le président de l’UMP, celui qui sur le thème de l’immigration, avait un jour convoqué un pain au chocolat, s’est déclaré hier préoccupé par le vote suisse, et par cette tentation du repli. Ce qu’il aura peut-être l’occasion de redire aujourd’hui, à Angela Merkel elle même, puisqu’il est en déplacement à Berlin, ce mardi.

Fillon sur la ligne européenne de la droite de la droite. Copé sur des positions plus mesurées : on le voit, l’UMP avance à front renversé sur cette question de l’immigration, que les Suisses ont mis au coeur de la campagne européenne. Signe d'un problème de ligne politique. Signe aussi d'un problème de gouvernance en internet. Ce qui explique certainement pourquoi ils sont si nombreux dans le parti, à attendre le dégel en altitude. Pour qu'enfin, Sarkozy redescende de la montagne.

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