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L'UMP et les forces centrifuges

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C’est un surprenant hasard du calendrier. Un curieux alignement des planètes. Comme si sous nos yeux, une vieille prophétie se réalisait, ou que tout avait été calculé, dans un cerveau machiavélique : l’UMP est en train de craquer, soumise à de gigantesques forces tout à la fois politiques, médiatiques, et judiciaires. Et dans un mouvement qui semble parfaitement organisé. Disant cela, je ne cède pas un pouce à je ne sais quelle théorie du complot : simplement, voyez qu’au moment même où le Front National lui pique la place de premier parti d’opposition, l’UMP s’empêtre dans une série noire de rebondissements plus ou moins scabreux.

Les isoloirs n’étaient pas encore remisés au fond des salles des fêtes dimanche soir, que déjà, des voix s’élevaient : celle de Pierre Lellouche par exemple, pour demander la lumière (effectivement plus que nécessaire), sur l’affaire Bygmalion. Ensuite, très vite, Alain Juppé s’est exprimé, pour demander une refondation du parti. Bernard Debré, pour réclamer le départ de Jean-François Copé. Patrick Devedjian, pour demander une démission collective. François Fillon, lui même, proposera tout à l’heure (au bureau politique prévu à 8h30) la démission du président.

Oui, ce sont des jours sombres, pour l’UMP. Rendez-vous compte : dans la même journée d’hier : ces appels répétés à la démission de Jean-François Copé. Le déballage en direct à la télévision de Jérôme Lavrilleux, qui a tenté de sauver ses patrons, en portant seul le chapeau de la fraude organisée sur les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. Rajoutez à cela : une perquisition au siège du parti, qui a duré jusqu’au milieu de la nuit. (Accessoirement, dans une autre affaire : il faut noter aussi la garde à vue de Claude Guéant). Il y a aussi “Le Point”, qui consacre un gros dossier cette semaine, sur “la machine à cash”, que serait devenu le parti.

Et puis, comme si ça ne suffisait pas : Nathalie Kosciusko-Morizet, qui rejoint Alain Juppé, et d’autres, en demandant la convocation d’un congrès, notamment pour interroger les militants sur une alliance avec le centre. Oui : judiciaires, médiatiques et politiques. Les tensions, les forces qui agissent actuellement sur l’UMP sont prodigieuses. Et elles sont centrifuges !

En effet, tout ça, c’est presque trop de bonheur pour Marine Le Pen, qui n’en demandait pas tant. Elle qui a fait stratégie de la décomposition de la vie politique française, et qui aimerait bien récupérer quelques restes de l’UMP, assiste à ce spectacle le coeur léger. Maintenant, il faut voir, dans les jours qui viennent, si cette grande union de la droite, qu’est l’UMP, conçue au lendemain du 21 avril, comme une réponse à la montée en puissance du Front National résistera longtemps à son avènement.

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