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L'UMP, le courage, l'autorité et la générosité

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L'UMP est une nouvelle fois dans la tourmente depuis les révélations de l'hebdomadaire Le Point de cette semaine, sur "l'affaire Copé". Mais est-ce encore un parti politique ?

Il y a bien sûr des statuts à l'UMP, approuvés récemment. Et une charte des valeurs aussi : "courage, autorité, générosité". On ne peut que trouver ça beau. Il y a aussi bien sûr des militants, une structure, des élus. Mais il faut reconnaître que ça ne va pas beaucoup plus loin désormais : tout ce qui fonde et qui soude normalement un parti, tout ce qui fait famille politique à tendance à disparaître, à s'evaporer, à partir en sucette au fil des mois.

Le terrain des idées d'abord, le programme : on n'arrive toujours pas à mettre la main dessus, même pour les élections européennes. Les instances dirigeantes ensuite : visiblement, ce n'est pas parce qu'elles ont été multipliées par deux depuis la guerre Copé / Fillon, qu'elles marchent deux fois mieux, au contraire. Et puis c'est peu de dire que la figure du chef, du président, est maintenant gravement atteinte... Dans "courage, autorité, générosité", on peut donc rayer "autorité".

Les finances ? Ça va pas mieux : quelqu'en soient les raisons, l'endettement de l'UMP se chiffre en dizaines de millions d'euros. Ce qui, au passage, après l'épisode du sarkothon, et les révélations du Point, contribuera certainement à refroidir les ardeurs des militants les plus zélés : on pourra rayer "générosité". Même l'arbre de la liberté est escamoté. Vous savez, le logo de l'UMP, la marque. Les candidats aux municipales ont très souvent tendance cette année à ne pas le faire apparaître sur leurs affiches et leurs tracts, alors que pour les élections de mi-mandat c'est généralement plutôt une habitude du parti au pouvoir : on peut rayer "courage" !

Alors, dans ces moments difficiles, où on se rend compte que sa charte des valeurs vole en éclat sous les coups de boutoir d'un journal qu'on croyait ami, il faut agir, faire mouvement. Montrer qu'on n'est pas chez les verts ! C'est là qu'intervient Geoffroy Didier, et sa conception du débat, qui rime avec : "fermez-la !". C'est en ces termes, hier, façon Sergent Hartman dans Full Métal Jacket, qu'il a intimé l'ordre à ses troupes de se mettre en rang pour les municipales, et de ne surtout pas poser de question, sur Bygmallion.

Ça a marché, chef-oui-chef. Et, à l'exception notable du député Lionel Tardy, personne n'a mouffeté, tout le monde à fait bloc derrière Copé, comme pour faire semblant d'être un parti. Vous savez ? Un parti politique. Ce genre d’organisation où on débat, où on a des idées, parfois organisées en courants. Où on tente de faire des alliances sur des projets, des programmes. Et où on se présente aux électeurs fièrement, sûr de représenter, sinon une idéologie, au moins une façon de voir la chose publique. Une structure où on ne marche pas en cadence, mais où on respecte une ligne démocratiquement définie.

En gros, tout l’inverse de l’UMP en ce moment.

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